AA/Maiduguri (Nigéria)/ Olarewaju Kola
Les attaques croissantes du groupe armé extrémiste Boko Haram contre des bâtiments publics, des institutions éducatives et des communautés ont forcé les autorités des Etats du nord-est à retarder la rentrée scolaire, ont annoncé lundi, des responsables de l'Education au Nigéria.
Les responsables, qui ont insisté pour garder l'anonymat, ont déclaré que l’insécurité accrue - plutôt que l’épidémie d’Ebola – avait contraint les Etats d’Adamawa, du Borno et de Yobe à ne pas reprendre les cours lundi, comme ordonné par le gouvernement fédéral.
« Nos craintes ne concernant pas tant l’épidémie d’Ebola, que l’épouvantable série d’attaques contre nos communautés » a admis un directeur du ministère de l’Education du Borno, à l’Agence Anadolu (AA).
« A part Maiduguri, Biu et deux gouvernements locaux dans le sud du Borno, toutes les autres communes ont été désertées en raison des attaques ; ce qui signifie qu’aucune école ne peut rouvrir tant que la situation ne s’améliore pas ».
Un état d’urgence a été imposé, depuis janvier 2013, par le président Goodluck Jonathan à ces trois Etats du nord-est.
Un administrateur d’une école privée de la capitale provinciale, Maiduguri, Samuel Adagba, a rapporté que les directeurs des établissements privés avaient rencontré, la semaine dernière, de hauts responsables du ministère de l’Education pour discuter de la reprise de l’année scolaire.
« Nous avons suggéré la date du 29 septembre pour la rentrée scolaire, mais les responsables, qui représentaient le gouvernement d'Etat, ont insisté pour que nous la reportions après la fête musulmane de l’Aid el-Adha, probablement le 6 ou 8 octobre» a expliqué Adagba à Anadolu.
Au Nigéria l’éducation primaire et secondaire relève de la compétence des gouvernements d’Etat.
Boko Haram s’est déjà emparé de Madagali ainsi que de huit autres villes, dans l’Etat d’Adamawa, de Buni Yadi et Bara, dans le Yobe, et de Dikwa, Gamboru Ngala, Damboa et Gwoza dans le Borno.
Dans une vidéo diffusée le 24 août, le chef de Boko Haram, Shekau, avait déclaré que son groupe avait formé un «califat islamique» dans la région du nord-est du Nigéria.