Qualid Filsde Mohamed Chine,Rafiu Oriyomi Ajakaye
14 Décembre 2018•Mise à jour: 14 Décembre 2018
AA/ Lagos/ Rafiu Ajakaye
L’armée nigériane a suspendu vendredi les activités du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) dans la région du nord-est du pays, dévastée par des violences armées. Il s’agit de la première mesure drastique prise ces dernières années contre l’agence, accusée de saboter des opérations antiterroristes.
Onyema Nwachukwu, un porte-parole de l'armée, a déclaré dans un communiqué, que la décision a été prise suite à des informations selon lesquelles plusieurs agences à but non lucratif ont aidé des terroristes de Boko Haram à démoraliser leurs troupes.
La suspension est «devenue inévitable depuis que [l'UNICEF] a renoncé à son premier devoir, celui de veiller au bien-être des enfants et des personnes vulnérables par le biais d'activités humanitaires. Elle est engagée actuellement dans la formation de personnes sélectionnées pour des activités clandestines afin de continuer à saboter la lutte antiterroriste par le biais d'allégations fallacieuses et non confirmées [de] violations présumées des droits de l'homme par l'armée. ”
Cette décision intervient quelques jours après qu'Amnesty International (AI) ait appelé la Cour pénale internationale à enquêter sur des crimes de guerre à la fois contre l'armée nigériane et le groupe terroriste Boko Haram.
AI a considéré que le gouvernement n'a pas enquêté sur des allégations de graves violations des droits visant certains hauts dirigeants de l'armée.
L’armée nigériane a démenti ces accusations.
Nwachukwu a déclaré que les opérations de certaines agences humanitaires suggèrent qu'elles bénéficient de la terreur régnant dans le nord-est du pays, où près de 30 mille personnes ont été tuées et plus de 2 millions d’autres déplacées.
Il a ajouté que la formation présumée prodiguée par l'UNICEF visant à saboter des opérations de l'armée a commencé le 12 décembre et s’est achevé au lendemain à Maiduguri, sans fournir de détails sur la formation ni sur la manière dont elle est susceptible de saper les actions l'armée.
"Le commandement sur le terrain ne tolérera ce genre de sabotage d'aucun individu, groupe de personnes ou organisation", a-t-il déclaré.
"Nous appelons toutes les ONG et les membres des agences humanitaires à s'en tenir à leurs normes légitimes dans l'exercice de leurs proclamés devoirs humanitaires".
L’UNICEF n’a pour l’heure émis aucune réaction officielle à la mesure prise par l’armée nigériane.