Esma Ben Said
23 Mars 2018•Mise à jour: 24 Mars 2018
AA/Niamey/Kané Illa
Une attaque attribuée au groupe armé terroriste Boko Haram a coûté la vie à au moins cinq villageois, dans la nuit du jeudi à vendredi, à Diffa, dans le sud-est du Niger, frontalier du Nigéria, a appris Anadolu de source locale.
«Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mars 2018, aux environs de 21h-22h (20h-21h GMT), les éléments du groupe terroriste Boko Haram ont fait une incursion dans la commune rurale de Toumour, située à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Diffa», a rapporté, sur sa page Facebook, Kaka Touda Mamane Goni, journaliste à la radio «Alternative » et ressortissant de Diffa.
«En attendant un bilan officiel, des sources locales parlent d’au moins 5 personnes tuées et de plusieurs autres blessées. Selon un témoin, il est difficile d’établir un bilan complet étant donné que la population a fui dans la brousse», a indiqué la même source.
A 10 h GMT vendredi, le gouvernement nigérien n’a fait aucune déclaration par rapport à cette attaque. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année en cours que la localité de Toumour est victime d’une attaque attribuée à Boko Haram.
Le 17 janvier dernier, une attaque avait visé le poste militaire de cette localité. Selon un bilan officiel, au moins sept soldats nigériens ont été tués et plusieurs autres ont été blessés.
Depuis février 2015, le Niger est devenu la cible des attaques de Boko Haram, suite à son engagement dans la force multinationale chargée de combattre cette organisation qui opère dans le Nord du Nigéria.
La région de Diffa, frontalière de cette partie du Nigeria, est régulièrement victime des attaques qui n’épargnent ni les forces de défense et de sécurité, ni les populations civiles.
En juillet dernier, une quarantaine de personnes – essentiellement des femmes et des enfants – avaient été enlevées dans une attaque attribuée à Boko Haram, au village de N’Galewa. Outre la région de Diffa, le Niger fait face aussi à un climat d’insécurité dans sa partie ouest, sur la frontière avec le Burkina Faso et le Mali.
Plusieurs localités de la région de Tillabéry sont l’objet d'attaques récurrentes. Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mars derniers, une attaque a visé un poste de gendarmerie du village de Goube, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Niamey. Trois gendarmes avaient été tués et un grièvement blessé, d'après des sources sécuritaires.
Lors du conseil des ministres du 8 mars, le gouvernement nigérien a décidé de la reconduction, pour une période de trois mois, de la mesure d’état d’urgence dans la région de Diffa et dans plusieurs localités des régions de Tahoua et Tillabéry.