Nadia Chahed
27 Mars 2019•Mise à jour: 27 Mars 2019
AA/Niamey/Kané Illa
Au moins douze civils nigériens ont été tués, dans la nuit de mardi à mercredi, dans deux attentats-suicides perpétrés à N’Guigmi dans la région de Diffa (sud-est), a appris Anadolu de sources locales concordantes.
Les deux attentats ont été menés par des femmes, a indiqué à Anadolu Lawan Boukar, correspondant local de la radio "Studio Kalangou".
La première attaque a eu lieu entre la compagnie militaire et la mairie de la ville de N’Guigmi et la seconde au niveau du camp de la gendarmerie, a précisé la même source.
Un bilan encore provisoire fait état de 12 civils tués dont huit réfugiés établis dans un site non loin du périmètre touché par les deux explosions, selon la même source.
Jointe par Anadolu, une source sécuritaire locale, qui a préféré garder l'anonymat, a confirmé les propos de Lawan Boukar.
Aucune déclaration officielle n’a été faite à propos de ces deux attaques et aucune partie ne les a revendiquées.
Selon les sources jointes par Anadolu, il s'agit incontestablement d'actes commis par le groupe terroriste nigérian Boko Haram, sévissant dans toute la région du lac Tchad.
Située dans l’extrême est de la région de Diffa, la localité de N’Guigmi fait partie des rares localités de la région à avoir échappé à ce jour aux attaque de Boko Haram.
Depuis le début du mois de février dernier, les attaques attribuées à Boko Haram se sont multipliées dans la région de Diffa. Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mars dernier, une attaque attribuée au même groupe terroriste a coûté la vie à huit civils dans le village de Dewa Kargueri, près de la localité de Gueskérou.
Le vendredi 8 mars dernier, une autre attaque a visé un poste militaire près de Gueskérou. Selon un bilan officiel communiqué par le ministère de la Défense, sept gendarmes nigériens ont été tués dans cette attaque.
Lors du conseil des ministres du vendredi 15 mars dernier, le gouvernement nigérien a reconduit, pour une période de 3 mois, l’état d’urgence instauré dans cette région depuis les premières attaques de Boko Haram en février 2015.
En plus des opérations internes menées par son armée, le Niger participe à la force multinationale mixte, mise en place par les pays du Bassin du Lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad), pour combattre Boko Haram.