Lassaad Ben Ahmed
03 Avril 2019•Mise à jour: 09 Avril 2019
AA / Tunis
Un médecin français de la force Barkhane a été tué dans l’explosion d’un engin improvisé dans la région du Liptako au centre-est du Mali, a annoncé le ministère français des Armées dans un communiqué.
L’explosion a eu lieu le mardi 2 avril ver 11h GMT, lorsque « un véhicule de l'avant blindé de la force Barkhane, engagé dans un groupement en opération dans la région du Gourma (Ndlr : Liptako) au Mali, a été frappé par la déflagration d'un engin explosif », a détaillé le communiqué.
Suite à cette explosion, deux militaires ont été blessé. « Ils ont été évacués à l’aide d’un hélicoptère Caïman en direction de l’antenne chirurgicale militaire française déployée à Gossi», a expliqué le ministère des Armées.
«Le militaire le plus grièvement blessé y est décédé des suites de ses blessures. Il s'agissait du médecin Marc Laycuras, en service à la 120ème antenne médicale du Mans, déployé au Mali depuis février 2019 au sein de l'opération Barkhane».
C’est la deuxième explosion du genre en l’espace de deux jours.
Lundi, un soldat malien a été tué et deux autres blessés dans l’explosion d’un engin explosif improvisé (EEI) dans la localité d’Itignebere, région de Mopti au centre du Mali.
L’incident a eu lieu lundi vers 14h lorsqu’un « véhicule de reconnaissance Fama a sauté sur un EEI », a affirmé l’armée malienne sur son compte twitter.
Le bilan initial était de trois blessés, mais l’un de ces blessés a succombé lors de son évacuation vers Sévaré, ville située à environ 13 km à l’est de Mopti.
Le Liptako-Gourma est une région qui s'étend entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Elle est actuellement concernée par une « vaste opération » de la force française Barkhane en partenariat avec les forces armées maliennes.
Au cours du dernier week-end, « près de 500 militaires français de la force Barkhane se sont rassemblés en moins de trois jours sur la base avancée de Ménaka. C’est de cette emprise, à l’est du Mali, qu’ils se sont lancés dans une vaste opération à travers le Liptako, aux côtés de leurs partenaires des forces armées maliennes », avait annoncé le ministère français des Armées dans un communiqué, rendu public lundi.
Le but de l’opération, selon le ministère français des Armées, consiste à stabiliser toute une région, en proie à des attaques terroristes et des violences intercommunautaires meurtrières, dans le Sahel africain.
« Le sens premier de la mission tient à la stabilisation du Liptako. La méthode employée consiste à occuper le terrain et à conduire des reconnaissances ciblées dans les zones frontalières au sein desquelles les groupes armés terroristes pourraient être tentés de s’implanter à nouveau », a ajouté la même source.
Du matériel militaire et logistique conséquent a été déployé en appui à cette mission, selon le communiqué.
Pour rappel, la force Barkhane a été déployée dans le Sahel africain depuis août 2014. Elle compte environ 4500 hommes et vise « à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace ».
Jusqu’à présent, la situation est loin d’être sous contrôle. Le 23 mars dernier, des chasseurs dogons ont massacré 160 civils peuls, suscitant une large condamnation internationale.
Des attaques récurrentes sont également enregistrées, notamment au Burkina Faso et au Niger.