Nadia Chahed
10 Octobre 2017•Mise à jour: 10 Octobre 2017
AA/Bamako/Mohamed Ali
Le calme est revenu lundi à kidal (Nord du Mali) après une semaine de manifestations contre la force française Barkhane, a appris Anadou auprès de sources locales.
Cependant la colère reste vive dans les rangs de la population, a indiqué à Anadolu Zaina Walet Alladi, une habitante de Kidal et membre du comité d'organisation des manifestations.
Jointe lundi au téléphone par Anadolu elle a expliqué que « la suspension des manifestations a été décidée après des pressions de la CMA et des notabilités de la ville ».
Des manifestation seront toutefois organisées tous les lundi jusque ce que Barkhane quitte la ville, a-telle ajouté.
S’agissant des motivations de ctte prise de position contre la force française, elle a indiqué "Les hommes de Barkhane nous terrorisent, nous et nos enfants en menant des opérations militaires à l'intérieur de la ville avec des tirs et des détonations, ils ne respectent pas notre dignité et notre culture".
Depuis une semaine, les femmes et les jeunes de Kidal manifestent, quasi-quotidiennement, contre la force française Barkhane présente dans la région.
Tout est parti d’une descente musclée opérée dans la nuit du samedi 30 septembre au dimanche 1er octobre derniers par la force Barkhane dans deux maisons appartenant à un commerçant de la ville du nom de Mouhamadou Ag Rhissa, a appris anadolu auprès de témoins oculaires.
Lors de cette opération, les militaires français, qui cherchaient à appréhender le maître des lieux soupçonné de trafic en tout genre et de "collaboration avec les milieux jihadistes", ont arrêté tous les hommes présents au domicile d’Ag Rhissa (sauf le principal recherché qui se serait échappé) et mis le feu à des véhicules stationnés dans la cour d’une des maisons, Fait qui a attisé la colère de la population, selon les mêmes sources.
Quatre sur les sept individus arrêtés ont été libérés, dimanche, par Barkhane, a indiqué à Anadolu une source sécuritaire locale qui a préféré garder l'anonymat.
L’intervention française au Mali a été lancée en janvier 2013 pour stopper l’avancée des terroristes vers le sud du pays. C’était d’abord l’opération Serval qui intervenait seulement au Mali, qui a été remplacée en 2014 par l’opération Barkhane qui intervient dans les cinq pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso et Niger) son quartier général est basé à Ndjamena au Tchad et sa vocation est la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT dans jargon militaire).