Nadia Chahed
27 Juillet 2018•Mise à jour: 27 Juillet 2018
AA/Kané Illa
Les Etats-Unis d’Amérique ont appelé toutes les parties maliennes à éviter la violence lors de l’élection présidentielle prévue dimanche.
«Les États-Unis appellent tous les acteurs politiques et sociaux à éviter le recours à la violence pendant le processus électoral et à utiliser les voies légales et constitutionnelles pour régler les différends», a indiqué l’Ambassade américaine à Bamako dans une déclaration dont Anadolu a reçu copie.
L'ambassade prévient en outre que «toute violence ou tentative illégale de perturber le processus démocratique est inacceptable».
Rappelant que Washington a injecté «plus de 7 milliards de dollars en soutien direct à un processus électoral crédible au Mali», le texte souligne qu’après l’issue favorable des élections, «le gouvernement américain continuera à travailler avec les autorités élues du Mali».
Le gouvernement américain exhorte, en outre, le président élu du Mali à «rester engagé à mettre en œuvre intégralement et rapidement l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali».
Dimanche 29 juillet, plus de 8 millions de Maliens sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président.
En plus du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, 23 candidats sont en lice pour le poste présidentiel.
Ouverte le 17 juillet dernier, la campagne électorale prend fin aujourd'hui à minuit.
Si elle s’est déroulée dans un climat plus ou moins apaisé, la campagne a, toutefois, été marquée par des accusations de fraude formulées par plusieurs candidats contre le camp du président sortant.
Le principal candidat de l’opposition Soumaïla Cissé et d’autres candidats ont notamment, dénoncé, l’existence d’un «fichier électoral parallèle» qui comporterait des milliers d’électeurs additifs. Le camp du candidat Ibrahim Boubacar Keïta a nié l’existence d’un autre fichier électoral autre que celui qui a été acceptée par toutes les parties sous la supervision de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Ajoutée au climat d’insécurité que vit le Mali depuis 2012, cette tension perceptible entre les acteurs politiques renforce la crainte de la communauté internationale.
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union européenne ont déployé de nombreux observateurs au Mali en vue de s’assurer du bon déroulement du scrutin du 29 juillet.
L’Organisation des Nations Unies (Onu), qui dispose d’une force de maintien de la paix dans le pays, surveille aussi de très près le processus électoral.
Dans un communiqué publié au début du mois de juin dernier, après la dispersion d’une manifestation de l’opposition malienne par la police, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté «les acteurs politiques et de la société civile à privilégier le dialogue pour maintenir un environnement propice à la tenue d’élections crédibles et transparentes».
Au terme d’une mission qui a duré du 24 au 29 juin dernier, l’expert indépendant de l’ONU sur les droits de l’homme au Mali, Alioune Tine, a estimé que «l’élection présidentielle doit être véritablement libre, transparente et apaisée».
Il a aussi lancé un appel aux différents acteurs à agir «de sorte que le grand débat national n’ait pas un impact négatif sur la vulnérabilité de la situation du pays, mais qu’il soit une opportunité pour faire rebondir le Mali et susciter une espérance pour la paix et la sécurité».