Nadia Chahed
07 Mars 2018•Mise à jour: 07 Mars 2018
AA/Desk
A cinq mois de la Présidentielle malienne prévue le 29 juillet prochain, des doutes persistent encore sur la tenue effective et dans les délais de ce scrutin alors que le Nord et le Centre du pays connaissent une dégradation de la situation sécuritaire.
"Les élections présidentielles pourront-elles se tenir le 29 juillet prochain alors que les différents protagonistes pointent du doigt l’insécurité et l’inaccessibilité de certaines zones du pays?", s’interroge, à ce propos, le site d'informations locales Studio Tamani.
Les groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azawad et ceux de la Plateforme, réclament de «la transparence avec la participation de tous les Maliens sans exclusion", rapporte la même source dans son édition de mercredi, soulignant que, pour l’opposition, "la réalité sécuritaire sur le terrain demeure une équation à résoudre".
Nouhoum Togo, conseiller en communication du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES-Opposition), a estimé, dans une déclaration au média malien, que "pour aller vers des élections, il faut travailler avec l’ensemble de la classe politique pour trouver la formule et gérer la situation".
Loin de ces interrogations, le gouvernement se veut rassurant quant à la tenue de la Présidentielle à la date convenue.
Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga, avait récemment réitéré "l'engagement du gouvernement" à tenir la présidentielle le 29 juillet prochain, rapporte encore Studio Tamani.
Sans ces élections, "il n'y aura pas de base juridique pour exercer le pouvoir", a noté Maïga, invitant "tout ceux qui spéculent sur le report des élections et qui veulent avoir le pouvoir" à mener "campagne normalement".
Cependant, certains observateurs se montrent toujours sceptiques, estimant que "la dégradation de la situation sécuritaire" ne permet pas l’organisation d’élections libres et transparentes, souligne le même média.
Entre autres facteurs alimentant les doutes quant à la possibilité de tenir le scrutin dans les délais, Studio Tamani cite les "irrégularités" relevées au niveau de la révision exceptionnelle des listes électorales entamée le 25 février dernier et qui prend fin jeudi.
Studio Tamani est un programme radiophonique quotidien d’information sur le Mali, qui propose depuis août 2013 des journaux en 5 langues (français, bambara, peulh, tamasheq, sonrhaï). Il est co-financé par la Confédération suisse, la Suède et l’Union Européenne.