Nadia Chahed
13 Juin 2019•Mise à jour: 13 Juin 2019
AA/Illa Kané
Le gouvernement malien a décrété, mercredi, un deuil national de trois jours, en mémoire des victimes du massacre de Sobame (centre), survenu dans la nuit de dimanche à lundi.
«Le Président de la République a déclaré un deuil national de trois (03) jours, à compter du jeudi 13 juin 2019 à zéro heure, sur toute l’étendue du territoire national en hommage aux victimes de l’attaque terroriste perpétrée le 10 juin 2019 contre les populations du village de Sobame», annonce un communiqué officiel relayé par la presse malienne.
«Tirant les leçons de ce drame, le conseil des ministres a procédé à la révocation du gouverneur de la région de Mopti», a encore rapporté le communiqué.
Dans la nuit de dimanche à lundi, le village dogon de Sobame, dans la région de Mopti (centre), a été visé par une attaque armée dont les auteurs n'ont pas encore identifiés.
Un premier bilan publié, lundi soir, par le gouvernement faisait état d’au moins 95 villageois tués et 19 autres blessés. Mercredi, ce bilan a été revu à la baisse, passant de 95 à 35 morts, dont 11 adultes et 24 enfants.
«Ce nombre résulte d’un décompte minutieux effectué par une équipe constituée d’éléments de la protection civile, de médecins légistes, du procureur général de Mopti», a expliqué le gouvernement dans un communiqué.
En ce qui concerne le premier bilan de 95 morts, largement repris par la presse internationale, le gouvernement malien a expliqué que «le chef du village de Sobame a témoigné que ce chiffre correspondait aux morts et disparus combinés».
Le Gouvernement a également fait savoir que six personnes ont été interpellées lors de contrôles de routine, promettant de mettre en route «une batterie de mesures pour poursuivre, arrêter et traduire devant les juridictions compétentes les auteurs de cet acte ignoble».
Le Mali a basculé dans la violence en mars-avril 2012 lorsque des groupes terroristes liés à Al-Qaïda ont pris le contrôle de nombre de localités dans le nord.
Délogés en grande partie grâce à une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013, ces groupes continuent à sévir, perpétrant des attaques sporadiques contre les civils et les forces armées, aussi bien maliennes qu'étrangères.
Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et le sud du Mali ainsi qu'aux pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.