Lassaad Ben Ahmed
28 Janvier 2018•Mise à jour: 28 Janvier 2018
AA/ Bamako / Moussa Bolly
Ayant renoncé à se rendre Addis-Abeba (Ethiopie) pour le sommet de l’Union africaine, le président Ibrahim Boubacar Kéita s’est rendu, samedi, à Boni pour réaffirmer sa farouche volonté de faire face au terrorisme.
Il s’agit d’une localité située entre Mopti et Gao, dans le centre du Mali, où une trentaine (Vingt-six officiellement) de civils maliens et burkinabè (de nombreux femmes et enfants), ont péri, jeudi 25 janvier, dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule.
Il s’agit essentiellement de forains se rendant à la foire hebdomadaire de Boni.
Selon un communiqué de la présidence de la République du Mali, le chef de l’Etat malien s’est rendu sur les lieux du drame, avant de s’entretenir avec les notabilités, familles des victimes, les autorités politiques et administratives de la localité de Boni.
Il s’est également rendu au cimetière de Boni pour se recueillir sur la tombe de l’une des victimes, en hommage aux autres populations civiles tuées dans cet attentat.
En rentrant à Bamako, Kéita a déclaré à Sévaré (Mopti, centre du Mali) que : «Nous venons de Boni, où il y a 48 heures l’horreur se sont abattues sur la population qui s’apprêtait à se rendre à sa foire hebdomadaire... »
Il a regretté que «tant de vies humaines fauchées par une bombe traitresse, ces engins qu’on appelle engins explosifs improvisés, qu’on n’a pas craint de mettre en marche, de déclencher au passage d’un véhicule chargé d’êtres humains, innocents, qui n’ont aucun compte à régler avec ces hordes barbares, venant d’un autre âge.
Et de poursuivre, «pour quelle cause ? Je n’en sais ! Pour quelle valeur ? Je l’ignore. Ce qui est sûr, c’est que ces gens savent notre détermination la plus farouche, la plus énergique à leur barrer la route.»
Le Président a fait savoir à cette occasion que : «la prochaine montée en puissance réelle du G5-Sahel aux alentours de mi-mars et, la détermination farouche sans aucun doute possible de l’engagement de nos hommes, les éléments de nos Forces armées maliennes les a rendus littéralement fous».
Pour lui, faire peur est la vocation du terrorisme. Mais, a-t-il assuré : «nous ne sommes pas un peuple à avoir peur. Nous ne sommes pas du genre à être effrayé au point d’oublier notre mission régalienne qui est de défendre par tous les moyens possibles inimaginables, par toutes les voies possibles, notre vaillant peuple malien, nos vaillants peuples du Sahel, qui n’aspirent qu’à vivre en paix et en sécurité…».
«Il est temps, il est grand temps, que notre front uni national anti-terrorisme, notre front uni national pour le Mali soit enfin à l’œuvre et de manière vivace», a souhaité le chef de l’Etat du Mali en interpellant la classe politique et l’ensemble des forces vives de son pays.
Il leur a réaffirmé sa conviction que «tel le phénix, le Mali se relèvera et continuera sa marche glorieuse. Personne n’arrêtera le Mali, personne ne fera trembler le Mali, au point qu’il oublie sa mission d’être au service des Maliens porteurs de civilisations, annonciateurs de civilisation».
«Et tous ceux qui partagent nos valeurs, tous ceux qui les ont partagés au long des siècles seront à nos côtés, sont déjà à nos côtés car confrontés aux mêmes défis, aux mêmes menaces et nous fondons beaucoup d’espoir sur nos Forces armées de défenses», a-t-il déclaré.
Et pourtant, les attaques se poursuivent de façon sanglante contre les forces armées et les populations civiles.
Ainsi, samedi matin, aux environs de 4 heures, une trentaine de terroristes lourdement armés dans des pickups et sur des motos ont attaqué le camp militaire de la ville de Soumpi dans le cercle de Niafounké (Tombouctou) à l’aide d’armes lourdes et automatiques.
Les forces armées maliennes ont officiellement déploré 14 morts, 18 blessés et des dégâts matériels.
Au cours de l’attaque, les assaillants ont subi une lourde perte en vies humaines et une voiture calcinée.