Nadia Chahed
26 Novembre 2020•Mise à jour: 26 Novembre 2020
AA/Bamako/Moussa Bolly
La Coordination des associations, mouvements et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS) connaît une série de démissions depuis la décision prise le 18 novembre dernier par ses responsables de siéger au Conseil national de la Transition (CNT).
Démissions qui peuvent entraîner des divisions internes irréversibles, estiment des observateurs.
Hier mercredi, trois membres influents de la CMAS ont officialisé leur départ, notamment l’imam Oumarou Diarra, Ahmad N’Doumga (chargé de la communication) et Oumar Baber Dicko qui était chargé des questions religieuses.
Le premier s’était rendu célèbre en dirigeant plusieurs fois, sur ordre de l’imam Dicko, la prière du vendredi à la Place de l’Indépendance où se rassemblait entre juin et août 2020 une foule immense pour exiger la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita renversé par le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) le 18 août dernier. Il était aussi l’un des représentants du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) aux concertations nationales sur la transition organisées à Bamako du 10 au 12 septembre 2020.
«J’ai été confronté à la prise de cette décision extrêmement douloureuse à plusieurs reprises ces derniers temps, pour des motifs connus de tous. Mais ma volonté de poursuivre un compagnonnage de plusieurs décennies au service de notre pays l’a toujours emporté. Malheureusement, je n’ai plus ni la force ni la foi nécessaires pour garder ce cap», a expliqué l’Imam Diarra dans sa lettre de démission.
Mais de nombreux observateurs estiment que cette démission est surtout liée à la décision de la CMAS de siéger au CNT alors que le M5-RPF (dont l’imam Dicko était l’autorité morale) conteste les modalités de répartition des sièges comme d’ailleurs une grande partie de la classe politique, des centrales syndicales et des organisations de la société civile.
«En l’absence de toute concertation dans leur élaboration et au regard des insuffisances criardes des deux décrets du 09 novembre 2020 relatifs au CNT, nous demandons leur modification…», a souhaité la M5-RFP dans une correspondance adressée aux autorités de la Transition le 16 novembre dernier.
La clé de répartition du CNT, fixée par décret N°2020-0143/PT-RM du 09 novembre 2020 pris par le président de la transition est dénoncée par la classe politique malienne comme «un mépris», «une confiscation du rôle des politiques» et «une entrave à la démocratie»...
En effet ce décret attribue seulement 11 sièges (sur 121) aux partis politiques (plus de 200 formations politiques), et leur impose aussi de communiquer une liste de 22 noms parmi lesquels le vice-président, le Colonel Assimi Goïta, doit choisir leurs 11 représentants.