Lassaad Ben Ahmed
14 Janvier 2018•Mise à jour: 14 Janvier 2018
AA/Bamako/Moussa Bolly
Le Comité directeur du Parti pour la Renaissance nationale (Parena, opposition) a condamné, dimanche, dans un communiqué ce qu’il a qualifié d’atteinte aux «libertés démocratiques».
Cette condamnation intervient suite à la répression de plusieurs marches à Bamako et des «menaces proférées» par le président de la République du Mali à l’encontre de ses opposants.
«Le Parena condamne la honteuse répression du sit-in pacifique organisé, le 12 janvier 2018, par le Collectif des femmes, les Amazones, contre les violences conjugales», peut-on lire dans le communiqué.
«La police a dispersé, à coup de gaz lacrymogène, des manifestantes devant l’Assemblée nationale. Certaines d’entre elles ont été blessées. Des femmes enceintes ont été brutalisées au cours de cette opération que rien ne justifiait», a déploré le Parena.
Le collectif «les Amazones» a été constitué suite à la mort de Fanta Sékou Fofana le 28 décembre 2017 à Koulouba, au Palais présidentiel où elle travaillait comme assistante administrative.
Elle a été rouée de coups, avant d’être étranglée par son époux, aux arrêts depuis son crime. Ce collectif a vu le jour pour pousser les autorités maliennes à assumer toutes leurs responsabilités face à un fléau dont les victimes sont de plus en plus nombreuses dans le pays.
Avant «les Amazones», les forces de l’ordre avaient «gazé» successivement les épouses des travailleurs compressés de l’Huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA) le 4 janvier et les manifestants du Mouvement «Waati sera» (le 10 janvier), contre l’ingérence française au Mali.
Il faut rappeler que le meeting de lancement de la «Plateforme du changement» prévu au stade du 26 mars, a été «annulé suite à des pressions exercées par le gouvernement», a dénoncé le Parena dans son communiqué.
Cette Plateforme a été initiée par le Général Moussa Sinko Coulibaly (ancien ministre de l’Administration territoriale qui a notamment organisé la présidentielle et les législatives de 2013) qui a démissionné de l’armée en novembre dernier pour se lancer dans la politique.
Très critique sur le bilan du président Ibrahim Boubacar Kéita, il est très engagé pour l’alternance au pouvoir cette année.
Le parti du «Bélier Blanc» a aussi rappelé que, dans son adresse à la Nation à l’occasion du nouvel an, le chef de l’État a «proféré des invectives et des menaces à l’endroit des opposants qu’il a qualifiés d’imposteurs».
Et la semaine dernière, a-t-il ajouté, lors de la cérémonie des vœux, le président Kéita n’a pas hésité à «menacer de sanctions ceux qui critiquent son régime et la mauvaise gouvernance qu’il a instaurée depuis 2013».
«Le Mali est-il tombé sous une nouvelle dictature ?», s’est interrogé le Comité directeur du Parena.
Cette formation de l’opposition démocratique a, donc, dénoncé «cette dérive autocratique et autoritaire» du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita dit «IBK» et de son gouvernement.
«Le président IBK et son nouveau gouvernement font planer de sérieuses menaces sur les libertés démocratiques fondamentales, notamment sur le droit de manifestation pacifique et la liberté d’expression. C’est intolérable et inacceptable», a poursuivi le communiqué.
Tout en tenant le président et son gouvernement comme «seuls responsables du climat de violence qu’ils sont en train d’instaurer», le parti a invité «toutes les forces démocratiques à se dresser contre les violations répétées des libertés protégées par la constitution de 1992 et contre les menaces qui pèsent sur notre démocratie».