Nadia Chahed
16 Avril 2017•Mise à jour: 16 Avril 2017
AA/Bamako/Moussa Bolly
Entamée depuis le 9 mars dernier, la grève des syndicats du secteur de la santé a été suspendue dimanche, après la signature d'un accord avec le gouvernement, a appris Anadolu auprès du porte-parole des grévistes, Djimé Kanté.
Un accord a été trouvé, tard dans la soirée de samedi avec le gouvernement à l'issue de 48 heures de négociations, a indiqué la même source, ajoutant que toutes les doléances syndicales ont été acceptées par ce dernier.
Le Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) et la Fédération des Syndicats de la santé et de l’Action sociale (FESYSAM) ont signé un accord à cet effet avec le ministère de Santé et de l’Hygiène publique, a précisé Kanté.
Le gouvernement a accepté l’augmentation de 100 % des primes de fonction après avoir proposé 35 % puis 50 %. Les agents socio-sanitaires et leurs ayants-droit seront désormais pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et les contractuels du secteur vont être recrutés à la fonction publique, a ajouté le responsable syndical.
Les deux syndicats avaient déclenché une grève illimitée le 9 mars 2017 pour exiger, entre autres, l’augmentation substantielle des primes de fonction spéciale et de garde ; l’octroi d’une prime de monture aux travailleurs socio-sanitaires et de la promotion familiale, la prise en charge à 100 % des soins médicaux des travailleurs socio-sanitaires affiliés à l’assurance maladie obligatoire...
Le week-end dernier, la Fédération nationale des associations de santé communautaire (Fénascom) s’était désolidarisée du mouvement en invitant les Associations de santé communautaires (Asaco) et les mutuelles de santé à la reprise immédiate des services dans leurs centres de santé.
Cependant, mercredi dernier (12 avril), l’Union des travailleurs du Mali (UNTM) et la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), les deux centrales syndicales les plus puissantes du pays, se sont associées à la grève et ont donné un ultimatum au gouvernement pour satisfaire les doléances des travailleurs du secteur.
«Malgré la persistance de la grève, les autorités ont misé sur la fatigue et le découragement des syndicalistes au lieu de privilégier le dialogue», avait notamment déploré le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé.
Selon les observateurs, cette prise de position a beaucoup pesé dans ce dénouement. Un communiqué du gouvernement est attendu dans la journée sur la fin de cette grève illimitée des agents des structures sanitaires.