Lassaad Ben Ahmed
25 Août 2020•Mise à jour: 26 Août 2020
AA / Bamako / Moussa Bolly
L’architecture de la transition politique au Mali, après la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita mardi dernier, sera déterminée par les Maliens, a déclaré ce lundi le porte-parole du Comité national pour le salut du public (CNSP), le colonel Ismaël Wagué, dans une déclaration à la presse à l’issue des négociations avec une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) dépêchée à Bamako depuis samedi dernier.
«Rien n’est arrêté, rien n’est décidé par rapport à la transition, à sa durée, à sa direction et à la composition du gouvernement à mettre en place. L’architecture de la transition sera déterminée entre nous Maliens», a précisé le colonel Wagué lors d’une déclaration à la presse à l’issue des négociations.
«Nous sommes en concertation avec la Cedeao et aucune décision ne sera prise à l'insu des partis politiques et des forces vives de la nation», a-t-il précisé.
Quant à la levée des sanctions souhaitée par la junte, c’est un sommet extraordinaire de la Cedeao qui en décidera mercredi (26 août). «Nous avons fait assez de concession pour lever les sanctions. Déjà sans les sanctions, la majorité des populations souffrent énormément», a souligné le porte-parole de la junte.
Toutefois, les parties sont convenues sur la libération du président déchu Ibrahim Boubacar Kéita et d'autres personnalités politiques et militaires arrêtés suite au putsch.
«Les discussions n’ont pas abouti à une conclusion claire sur tous les points. Néanmoins, il y a eu des points sur lesquels les deux parties se sont accordées… Les militaires ont accédé immédiatement à notre demande de libération du président Ibrahim Boubacar Kéita», a déclaré Goodluck Jonathan à l’issue des négociations, lundi.
Selon l’ancien président du Nigeria qui conduit la médiation de la Cedeao dans la crise malienne, le président Kéita leur a «fait savoir qu’il a donné sa démission, qu’il n’a pas été contraint à le faire et qu’il n’a pas envie de revenir aux affaires non plus». Il a aussi précisé qu’ils se sont entendus avec les militaires «sur quelle façon, il faut graduellement libérer» les détenus politiques.
Un gage de bonne foi qui, selon des observateurs, doit militer en faveur de la levée des sanctions de Cedeao à l’égard du Mali, notamment l’ouverture des frontières et le dégel des flux financiers.