Lassaad Ben Ahmed
01 Janvier 2018•Mise à jour: 01 Janvier 2018
AA/Bamako/Moussa Bolly
Le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a promis d’adopter bientôt un projet de loi sur l’entente nationale, à l’occasion de son message du nouvel an, prononcé, dimanche soir sur la radiotélévision nationale (ORTM).
Keita s’est référé aux conclusions de la conférence d’entente nationale (CEN) qui s’est tenue en mars-avril 2017 et proposé des «mesures spéciales» de cessation de poursuite ou d’amnistie en faveur de certains acteurs de la rébellion armée de 2012.
Selon le chef de l’Etat, ce texte proposera notamment l’arrêt des poursuites de tous ceux qui ont été impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains ; des mesures d’apaisement après l’accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues ; un programme de réinsertion de tous ceux qui déposeront les armes et s’engageront publiquement à renoncer à la violence.
Toutefois, a averti le président Kéita, ce «projet de loi ne constitue ni une prime à l’impunité ni un aveu de faiblesse».
Et de préciser que ce n’est encore moins «un déni du droit des victimes à se voir rendre justice».
Ce projet de loi va surtout s’appuyer sur «les vertus du pardon, tel que celui-ci est pratiqué dans nos diverses communautés».
«Chaque soir, je m’endors dans la hantise de ce que nous réserve le lendemain», a déclaré Ibrahim Boubacar Kéita évoquant la menace terroriste comme une sérieuse hypothèque à la stabilité du pays.
«Certes, le terrorisme, aujourd’hui, frappe partout. Mais nous, qu’avons-nous fait pour mériter de devoir consacrer le peu que nécessitait le développement de notre pays, à lutter contre cette calamité ?», s’est-il interrogé.
«Nous nous battons contre le terrorisme, en espérant chaque jour ne pas être poignardés dans le dos, y compris jusque dans les terres les plus insoupçonnées de notre vaste et beau territoire national», a martelé le président de la République du Mali.
Il a appelé, à cet effet, la population à la vigilance et à dénoncer tout comportement suspect, car, selon lui, les terroristes pourraient se cacher parmi la population civile et donner des coups «dans le dos».
Dans son message du nouvel an, le chef de l’Etat malien a aussi lancé des piques à l’opposition politique.
«Elle est sans issue, la quête personnelle qui se fonde sur le dénigrement de la nation… C’est un mauvais calcul que de dénigrer la patrie, en croyant nuire au seul gardien du temple», a-t-il averti.
«Quiconque aspire à voir, un jour, ce peuple lui confier sa destinée, doit apprendre à vénérer la patrie. Car, rien, du mal que l’on puisse faire à cette grande nation, ne demeure sans conséquence», a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta, exprimant sa foi «en notre destinée commune en tant que nation».