Mourad Belhaj
23 Décembre 2019•Mise à jour: 24 Décembre 2019
AA / Tripoli (Libye)
Dimanche, le Gouvernement d’entente nationale libyen, reconnu par l’ONU, a critiqué la visite surprise du ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias à Benghazi.
Cette visite viole les décisions des institutions internationales qui considèrent le Gouvernement d’entente nationale libyen comme le seul gouvernement légitime du pays, a déclaré le ministre libyen des Affaires étrangères Mohamed Taher Siala, dans un communiqué publié sur les médias sociaux.
Dendias a rencontré, dimanche, lors de sa visite en Libye orientale, le général à la retraite Khalifa Haftar, ainsi que les soi-disant responsables de son administration, Abdullah es-Sinni et Abdulhadi Lahouij.
Le ministre grec des Affaires étrangères a, selon les médias régionaux, critiqué à cette occasion l'accord entre la Turquie et le Gouvernement d’entente.
Le 27 novembre, Ankara et Tripoli ont signé deux protocoles d'accord distincts: l'un sur la coopération militaire et l'autre sur les frontières maritimes des pays de la Méditerranée orientale.
Le pacte maritime, entré en vigueur le 8 décembre, a affirmé les droits de la Turquie en Méditerranée orientale face aux forages unilatéraux de l'administration du sud chypriote, précisant que la République turque de Chypre du Nord (TRNC) a également des droits sur les ressources de la région.
En avril, les forces faisant allégeance au commandant de l'est de la Libye, le général Khalifa Haftar, ont lancé une campagne militaire pour s’emparer de Tripoli, mais n'ont jusqu'à présent pas réussi à progresser au-delà de la périphérie de la ville.
Le 12 décembre, cependant, Haftar a annoncé qu'il avait ordonné à ses forces de lancer la "bataille décisive" pour prendre la ville.
Selon les données de l'ONU, plus de 1 000 personnes ont été tuées et près de 5 mille autres blessées, depuis le début de l'opération.
Depuis l'éviction de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, deux sièges du pouvoir ont vu le jour en Libye: un dans l'est de la Libye, soutenu principalement par l'Égypte et les Émirats arabes unis, et un second à Tripoli, qui jouit de la reconnaissance internationale et de celle de l'ONU.