Mounir Bennour
07 Décembre 2020•Mise à jour: 07 Décembre 2020
AA / Walid Abdoullah
Le ministère libyen de la Défense a menacé, ce lundi, de se retirer de l'accord de cessez-le-feu dans le pays, en raison de "l'imprudence" du général renégat libyen, Khalifa Haftar.
Ces propos ont été tenus lors d'une déclaration du ministre de la Défense Salah Al-Namroush, qui a été rapportée par le compte Facebook de l'opération de l'armée libyenne "Volcan de la colère".
Al-Namroush a déclaré : "Nous avertissons les Nations unies et les pays qui soutiennent la paix et le dialogue en Libye que s'ils ne freinent pas le criminel de guerre Haftar et ne mettent pas un terme à son imprudence, alors nous nous retirerons de l'accord militaire 5 + 5."
Et d'ajouter : "Nous considérerons l'accord de cessez-le-feu comme nul et non avenu si Haftar entreprend une quelconque action militaire."
Le ministre libyen a aussi dit : "Nous sommes surpris du silence de la Mission des Nations unies en Libye et de la communauté internationale, qui soutiennent la paix en Libye, face aux actions des milices de Haftar et la menace qu'ils constituent à l'accord de cessez-le-feu dans le sud."
Il a poursuivi en expliquant : "Ce que les milices de Haftar ont fait (dimanche) à Ubari (sud) n'était pas un fait inédit. Il a été précédé, une semaine auparavant, par l'assaut des quartiers de la ville et la démolition de maisons habitées, ainsi que d'autres actes meurtriers qui s'ajoutent au dossier du criminel de guerre Haftar et de ses crimes à Tripoli et Tarhouna."
Le 23 octobre, les Nations unies ont annoncé que les deux parties au conflit en Libye étaient parvenues à un accord de cessez-le-feu, dans le cadre des discussions du Comité militaire mixte (5 + 5) à Genève, en Suisse.
Dimanche soir, le Haut Conseil d’État libyen a condamné dans un communiqué, la violation par les milices de Haftar de l’accord de cessez-le-feu, en attaquant un camp militaire dans la ville d’Ubari (sud).
Le communiqué a fait savoir que "cette violation est, en fait, la mise en œuvre d'un agenda extérieur, qui vise à contrecarrer toute sortie pacifique de la crise libyenne par le dialogue, et confirme que le criminel Haftar, fidèle à son habitude, ne manifeste aucune attitude sérieuse pour se conformer à tout accord signé".
Le 25 octobre, l'envoyée de l'ONU en Libye, Stéphanie Williams, a déclaré dans un communiqué de presse : "Il y aura des sanctions contre ceux qui font obstruction à l'accord de cessez-le-feu du Conseil de sécurité."
La ville d'Ubari (située à 964 km au sud de Tripoli) est la deuxième plus grande ville du sud de la Libye après Sabha et sa population est constituée majoritairement de Touaregs. Elle recèle le champ pétrolier "Charara" considéré comme le plus grand du pays, et qui est actuellement sous le contrôle des milices de Haftar.
La nouvelle violation du cessez-le-feu (en vigueur depuis le 12 octobre) par les milices de Haftar est survenue malgré les progrès des antagonistes dans les négociations sur les plans militaire et politique pour parvenir à une solution pacifique au conflit sanglant.
Depuis des années, le pays, riche en pétrole, souffre d'un conflit armé, impliquant des soutiens de certains pays arabes et occidentaux. La milice putschiste de Khalifa Haftar conteste, en effet, la légitimité et l’autorité du gouvernement libyen reconnu internationalement. Le conflit coûteux en termes de blessés civils et de pertes humaines est aussi à l’origine de dégâts matériels colossaux.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour