Mourad Belhaj
15 Avril 2020•Mise à jour: 15 Avril 2020
AA - Tripoli
Le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’entente nationale, Fayez al-Sarraj a accusé le général à la retraite, Khalifa Haftar, d'avoir rompu ses engagements, et a confirmé qu'il ne négocierait plus avec lui une solution politique en raison de ses crimes.
Al-Sarraj a déclaré, mercredi, dans une interview publiée par le journal italien La Repubblica : "Je ne m'assoirai plus à la table des négociations avec Haftar, après les crimes qu'il a commis contre tous les Libyens."
"Nous avons toujours cherché à résoudre nos différends par le biais d'un processus politique, mais Haftar rompt tout accord conclu, et la Libye ne sera plus soumise à une seule personne ou à un groupe de personnes", a-t-il ajouté.
Et de poursuivre, en commentant la trêve humanitaire conclue plus tôt avec Haftar : "Nous sommes convenus d'un cessez-le-feu et d'une trêve humanitaire, et nous nous attendions à ce que Haftar tienne pour une fois parole, au vu des dangers associés à l'épidémie de coronavirus. Mais il a considéré l'épidémie comme une opportunité pour nous attaquer."
Al-Sarraj a souligné qu'après l'échec de son attaque, Haftar a commencé à "cibler Tripoli sans discrimination; les zones résidentielles, les institutions civiles et même l'hôpital du centre-ville".
"Mais nous avons pu réorganiser nos forces, lancer des contre-attaques et reprendre de nombreuses zones, dont Gharyan (à 100 km au sud de Tripoli) que Haftar a transformé en quartier général de ses opérations militaires", a souligné le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen.
La position du gouvernement libyen intervient à un moment où les milices de Haftar ont subi d’importants revers à l'ouest de la capitale, Tripoli, perdant, lundi, le contrôle de 6 villes et deux régions stratégiques, en quelques heures seulement.
Bien que la milice de Haftar ait annoncé, le 21 mars, avoir approuvé une trêve humanitaire visant à lutter contre le coronavirus, elle poursuit une offensive, qui a commencé le 4 avril 2019, pour prendre le contrôle de la capitale, siège du gouvernement internationalement reconnu.
En réponse aux violations en cours, le gouvernement libyen a lancé, le 26 mars, l'opération Tempête de paix contre la milice de Haftar, qui conteste la légitimité et l’autorité du gouvernement d’entente nationale, reconnu par la communauté internationale.