Esma Ben Said
23 Décembre 2015•Mise à jour: 23 Décembre 2015
AA/ Kigali/Fulgence Niyonagize
Le Rwanda n'enverra pas de troupes de maintien de la paix au Burundi voisin, secoué depuis avril dernier par une crise politico-sécuritaire qui a fait des centaines de morts, a annoncé le président rwandais Paul Kagamé.
" Au souhait d’envoyer les forces de maintien de la paix au Burundi nous n’en ferons pas parti. Nous avons les forces que nous pouvons envoyer dans divers coins du monde et nous devons aussi assurer notre sécurité (…) nous ne ferons donc pas partie des forces qui pourront être envoyé au Burundi" a indiqué le chef de l'Etat, mardi soir, lors d’une conférence de presse.
"Je voudrais que vous compreniez cela. Nous avons dit clairement que nous ne prendrons pas part à cela", a-t-il insisté en référence au déploiement annoncé vendredi dernier, par l'Union africaine (UA) d'une force de maintien de la paix au Burundi forte de 5 mille hommes et de six mois renouvelables.
"Mais nous pouvons contribuer sous une autre forme", a ajouté le président Kagamé, sans plus de précisions.
Mardi, le Conseil national de sécurité au Burundi avait "catégoriquement refusé" la décision de l’UA d’envoyer des hommes au sol, rejoignant ainsi la position de la présidence et du parlement burundais communiquée la veille (lundi).
“La menace de génocide qui justifierait ce déploiement n’est qu’une machination", avait justifié le ministre de la Sécurité publique Alain Guillaume Bunyoni, dans une déclaration à la presse.
Les relations entre Kigali et Bujumbura sont particulièrement tendues depuis l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat, en avril dernier.
" Des problèmes qui ont lieu au Burundi ont eu des conséquences sur les rwandais qui y vivaient qui ont vu certains d’entre eux emprisonnés, torturés. Certaines fois, c’était comme pour se venger parce que nous criions, tête haute, qu’il ya des problèmes sérieux au Burundi", a déclaré Paul Kagamé.
"Le Rwanda n’a cessé de demander aux burundais de résoudre leur problème eux-mêmes, d’arrêter les massacres de leurs semblables, de cesser de torturer les rwandais, de prendre en main le problème de réfugiés burundais au Rwanda et dans la région", a-t-il ajouté.
De son côté, Bujumbura a accusé, à plusieurs reprises,le pays frontalier de recruter et d'armer des "rebelles" burundais réfugiés au Rwanda, afin de mener la rébellion au Burundi. Une accusation fermement démentie par Paul Kagamé.
Plus de 220.000 personnes ont fui le Burundi – dont 73 mille vers le Rwanda-, selon l’ONU qui craint de voir le pays «glisser vers une guerre civile».