Afrique

Le Maroc accuse l'Espagne d’ «instrumentaliser» les institutions européennes

-Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déclaré que « toute tentative de contourner le débat sur la crise bilatérale avec l'Espagne et son européanisation, aura des résultats contre-productifs, voire négatifs pour toute sortie de crise

12.06.2021
Le Maroc accuse l'Espagne d’ «instrumentaliser» les institutions européennes

Rabat

AA/Rabat

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita a estimé, vendredi, que « l’européanisation » de la crise avec l'Espagne est contre-productive, accusant Madrid d’ « instrumentaliser » les institutions européennes dans sa crise avec Rabat.

C’est ce qui ressort d'une conférence de presse tenue dans la capitale, Rabat, au cours de laquelle le chef de la diplomatie marocaine a évoqué une résolution du Parlement européen, accusant le Maroc d’ « utiliser » le dossier des migrants mineurs comme « un moyen de pression politique » contre l'Espagne.

Jeudi, le Parlement européen a adopté un texte proposé par des parlementaires espagnols, rejetant «l'utilisation par le Maroc des contrôles aux frontières et de la migration, notamment des mineurs non accompagnés dans la crise migratoire de la ville de Ceuta, comme moyen de pression politique sur un État membre de l'Union européenne » (UE), avec 397 voix pour, 85 voix contre et 196 abstentions.

Bourita a souligné à cet effet que « Toute tentative de contourner le débat sur la crise bilatérale avec l'Espagne et son européanisation sera contre-productive, voire négative pour toute sortie de crise ».

« Autant le Maroc est satisfait de sa relation avec l'Union européenne, autant il considère que la crise est bilatérale avec l’Espagne », a estimé le chef de la diplomatie marocaine.

Et le responsable marocain de poursuivre, « La résolution du Parlement européen est contraire à l’esprit du partenariat entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne et au registre exemplaire du Maroc en matière de lutte contre la migration clandestine (irrégulière) et ses efforts bien connus et reconnus par les organisations européennes ».

« Cette résolution s'inscrit dans le cadre de l'instrumentalisation par l'Espagne des institutions européennes, notamment du Parlement européen, dans des questions qui ne relèvent pas de sa compétence », a ajouté Bourita.

La relation entre le Maroc et l’Espagne s'est tendue, sur fond de l'accueil par Madrid de Brahim Ghali, chef du « Front Polisario » pour se faire soigner sous une « fausse identité ».

La crise s'est encore aggravée, avec l'afflux d'environ 8 000 migrants clandestins entre le 17 et le 20 mai, vers la ville de Ceuta (située à l'extrême nord du Maroc) sous administration espagnole, et que Rabat considère comme une portion occupée de son territoire.

Plus tôt vendredi, le ministère marocain des Affaires étrangères a estimé, dans un communiqué, que « l’instrumentalisation du Parlement européen dans cette crise s'inscrit dans la logique d'une surenchère politique à courte vue ».

Par voie de communiqué, le Parlement marocain a également dénoncé la résolution du Parlement européen, la considérant comme une « manœuvre pour détourner l'attention d'une crise politique entre le Maroc et l’Espagne », tandis que le Parlement arabe a appelé son homologue européen à ne pas « s’ingérer » dans la crise entre les deux pays.

Début juin, le roi Mohammed VI du Maroc a donné ses instructions pour « régler la question des mineurs non accompagnés » qui se trouvent en situation irrégulière dans les pays européens.

Le nombre de mineurs marocains non accompagnés en Europe, notamment en Espagne et en France, est d'environ 20 000, selon les associations non gouvernementales marocaines.


*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail



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