Esma Ben Said
17 Mars 2018•Mise à jour: 17 Mars 2018
AA / Pascal Mulegwa
Le Fonds monétaire international (FMI) s’est déclaré optimiste sur les perspectives économiques de l'Angola qui fait face depuis 2014 à l’une des plus graves crises économiques de son histoire.
"Nous n’avons pas reçu de demande de soutien financier, essentiellement parce que les cours du pétrole sont plus hauts que ce qu’ils étaient auparavant. A ce prix (65 dollars le baril), le gouvernement peut refinancer sa dette et assurer d’autres financements sans avoir recours à des emprunts du FMI", a déclaré vendredi à Luanda la capitale, Ricardo Velloso, chef de la mission de FMI en Angola.
Dans ce pays où le pouvoir a repris langue avec l’institution de Bretton Woods, la dette publique estimée à plus de 60% du PIB, est inconfortable, mais "pas inquiétante", a estimé, début mars, Velloso à l’entame d’une mission d’évaluation du
FMI en Angola.
Cette mission d’un peu plus deux semaines, a pris fin samedi.
Dans sa déclaration vendredi, Velloso a espéré que l’Angola ne demandera pas de prêt auprès du FMI. "Nous ne nous attendons pas à en recevoir" a-t- il déclaré relevant une "légère amélioration de la situation économique" dans ce pays.
Le nouvel exécutif angolais s’est récemment réjoui d’une projection du taux de croissance à 2,2 % contre 1 % l’an dernier. Mais Velosso l’a critiqué estimant que "ce n’est pas la croissance que l’Angola mérite aujourd’hui",
Seule une croissance dépassant 5 % permettrait aux Angolais de sentir l’amélioration dans leur condition de vie, selon le FMI dont l'Angola est membre depuis 1989.
Ancienne colonie portugaise indépendante depuis 1975, l’Angola a été dirigé durant trente-huit ans par José Eduardo dos Santos, accusé par ses adversaires politiques d’avoir mis l'économie du pays en coupe réglée au profit de ses proches.
Ce dernier a cédé les rênes du pays à Joao Lourenço son ancien ministre de la Défense après la victoire de leur parti, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), aux élections générales d'août.
Lourenço a fait, au nom de la lutte contre la corruption, le ménage à la tête des institutions et entreprises publiques du pays, se débarrassant de la plupart des partisans, proches et membre de famille de son prédécesseur.