Lassaad Ben Ahmed
18 Août 2020•Mise à jour: 18 Août 2020
AA / Niamey / Kané Illa
La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) dispose désormais d’un siège basé à Accra la capitale du Ghana.
L’ouverture de ce siège a été annoncée par le président nigérien Mahamadou Issoufou, "champion" de l’Union africaine de la Zlecaf, lundi, lors d’une visioconférence qu’il a conjointement animée avec son homologue du Ghana Nana Akufo Addo, le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat et le secrétaire exécutif de la Zlecaf, Wamkele Mene.
Dans son discours, Mahamadou Issoufou a indiqué qu’avec l’ouverture de son siège, la Zlecaf "va franchir une nouvelle étape".
Il a ajouté que l’ouverture de ce siège est un signe que la Zlecaf "avance et poursuit inexorablement son chemin malgré les vicissitudes liées notamment à la pandémie Covid-19 qui affecte l’ensemble de la planète", rappelant que c’est au cours du 12ème sommet de l’Union africaine tenu le 7 juillet 2019 à Niamey que la Zlecaf a été officiellement lancée.
La Zlecaf est une initiative de l’Union africaine visant à lever les barrières entre les pays africains en vue de faciliter les échanges commerciaux.
Dans un récent rapport, la Banque mondiale a indiqué que cette initiative pourrait accroître le revenu régional de 7%, soit d’environ 450 milliards de dollars.
« La Zlecaf représente une véritable occasion de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d'élargir l'inclusion économique dans cette région. En effet, s'il est pleinement mis en œuvre, cet accord commercial pourrait accroître le revenu régional de 7 % (soit 450 milliards de dollars), accélérer l'augmentation de la rémunération des femmes et sortir 30 millions de personnes de l'extrême pauvreté d'ici 2035», explique le document cité par l'Agence de presse africaine (APA).
Le rapport indique, en outre, que l'obtention de tels résultats sera particulièrement importante au regard des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 qui devrait entraîner jusqu'à 79 milliards de dollars de pertes de production en Afrique en 2020, précise l'APA.
Les mesures de réduction des freins bureaucratiques et de simplification des procédures douanières au sein de la Zlecaf devraient amplement contribuer à cette hausse des revenus, note la Banque mondiale.
La libéralisation des tarifs douaniers, de même que la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d'origine, permettrait d'augmenter les revenus de 2,4 %, soit environ 153 milliards de dollars, rapporte encore l'APA.
Les 292 milliards de dollars restants proviendraient de mesures de facilitation du commerce qui limitent les formalités administratives, abaissent les coûts de mise en conformité pour les sociétés commerciales et facilitent l'intégration des entreprises africaines dans les chaînes logistiques mondiales, indique encore la BM.
Le rapport souligne, en outre, qu’en rationalisant les procédures aux frontières et en donnant la priorité aux réformes commerciales, la Zlecaf pourrait aider les pays africains à renforcer leur résilience face à de futurs chocs économiques.