Mohamed Hedi Abidellaoui
27 Avril 2017•Mise à jour: 28 Avril 2017
AA/ Dakar/ Alioune Ndiaye/ Babacar Dione
La Cour d’appel des Chambres africaines extraordinaires, sise à Dakar (Sénégal) a confirmé, dans son verdict rendu jeudi, la peine de prison à perpétuité prononcée en première instance contre l’ex-président tchadien Hissène Habré.
Le fait de viol sur la personne de Khadija Hassane Zidane a, néanmoisn, été infirmé par la même Cour qui a rejeté tous les autres faits ayant motivé le recours introduit par la défense.
La même instance judiciaire a aussi exigé dans son réquisitoire le paiement par Habré de 82 milliards 290 millions cfa (136 724 102,86 usd) en guise de réparations, ordonnant de ce fait la saisie de tous les biens de l’ex-dirigeant tchadien.
Cette décision met officiellement fin au procès ouvert le 20 juillet 2015 devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE) et ayant vu 93 témoins se succéder à la barre.
En première instance, Hissène Habré avait été condamné, le 30 mai 2016 par le juge burkinabé, Gberdao Gustave Kam, président des CAE, à la réclusion à perpétuité pour « crimes contre l’humanité, viols, crimes autonomes de torture et exécutions sommaires », entre autres.
Durant tout le procès, l’ex-homme fort de N’Djamena amené à se présenter de force devant la cour s’est refusé de répondre aux questions des juges de cette cour qu’il a dit ne pas reconnaître. Il a été exempté de comparution lors du procès en appel.
Les avocats commis d’office à Habré par la cour avait en effet introduit un recours pour « vices de forme, violation de la loi et des droits de la défense, erreurs de procédure ».
Le procès en appel a été ouvert le 9 janvier 2017 au tribunal de Dakar, sous la direction du magistrat malien Wafi Ougadèye.
Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avant d’être renversé par une rébellion dirigée par l’actuel président du Tchad Idriss Déby Itno. Réfugié au Sénégal, après avoir perdu le pouvoir, il a été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar par la justice pour répondre de ses actes.