Ekip
09 Juin 2022•Mise à jour: 09 Juin 2022
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Les forces armées de la République démocratique du Congo ont accusé le Rwanda d'avoir envoyé 500 militaires des forces spéciales déguisées sur le territoire congolais, la dernière accusation dans un différend croissant entre les deux pays voisins.
Dans un communiqué, l'armée congolaise a déclaré que 500 membres des forces spéciales rwandaises « tous habillés d’une nouvelle tenue de couleur vert - noir et coiffés des casques de sa force spéciale » étaient autour de la colline stratégique de Tchanzu dans le territoire de Rutshuru frontalier avec le Rwanda.
Il a appelé la population locale à faire preuve de prudence et à dénoncer toute personne qu'elle verrait porter des uniformes vert-noir.
Les rebelles du M23 sont actifs dans cette zone. Ils se sont affrontés aux casques bleus des Nations Unies, mercredi.
« Trois casques bleus de nationalité Tanzanienne ont été blessés et évacués à Goma », a déclaré la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO).
La RDC accuse le Rwanda de soutenir activement le groupe rebelle M23, qui mène son offensive la plus soutenue dans les régions frontalières. Le Rwanda le nie et accuse à son tour l'armée congolaise de tirer sur son propre territoire et de combattre aux côtés des FDLR, un groupe armé dirigé par des Hutus de souche qui ont fui le Rwanda après avoir participé au génocide de 1994.
Les récents affrontements entre soldats et rebelles du M23 ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs maisons dans une région qui n'a eu de répit de la guerre depuis près de 30 ans.
Le M23 est né d’une mutinerie de soldats congolais, en majorité issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Les combattants du CNDP, eux aussi accusés d’être soutenus par le Rwanda, avaient été intégrés dans l’armée congolaise en 2009.