Nadia Chahed
19 Janvier 2017•Mise à jour: 20 Janvier 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le gouvernement ougandais a annoncé, jeudi, l’arrestation d’au moins 101 combattants de l’ancienne rébellion congolaise du M23 qui "voulaient passer dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC)".
«Les services ougandais de sécurité ont intercepté, mercredi soir, à Mbarara ( Sud-ouest), quatre véhicules transportant 101 combattants de l’ex-rébellion du M23 qui voulaient passer en RDC », indique un communiqué du gouvernement ougandais dont Anadolu dispose d’une copie.
"Ces ex-combattants sont actuellement détenus dans la caserne de Makenke", précise la même source.
Le gouvernement ougandais assure dans le même communiqué qu'"il ne peut soutenir aucune activité militaire visant à déstabiliser la RDC".
Cette mise au point du gouvernement ougandais intervient après que Kinshasa ait alerté dimanche sur l’incursion de près de 300 combattants de l’ex rébellion du M23 qui ont attaqué une position de l’armée dans la localité d’Ishasha située dans la province congolaise du Nord-Kivu, frontalière à l’Ouganda.
S'exprimant, mardi, dans une déclaration à Anadolu à partir de Kinshasa, Ofwono Opondo , porte parole du gouvernement ougandais, avait démenti l’alerte lancée par Kinshasa.
Il avait, notamment, accusé Kinshasa de vouloir nuire à son image et détourner l’opinion des problèmes que connait la RDC.
La mission de l’ONU en RDC (Monusco) avait, pour sa part, affirmé, mercredi, lors d'une conférence de presse à Kinshasa, "n’avoir aucun indice confirmant l’incursion d'ex-combattants M23 sur le sol congolais".
La rébellion Tutsi du M23, soutenue par l'Ouganda et le Rwanda, avait vu le jour après la fin de la fin de la guerre du Kivu (2004-2009). Elle était composée de membres d'une autre rébellion, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui invoquaient le non-respect par Kinshasa d'un accord de paix signé le 23 mars 2012.
Battus fin 2013 par l'armée congolaise et les forces de l'ONU, les membres du M23 se sont réfugiés en Ouganda et au Rwanda qui se sont engagés à les cantonner.
Un accord signé en décembre 2013 à Nairobi entre la RDC et le M23 confirmait la dissolution du mouvement et définissait les modalités de la démobilisation pour ceux parmi les rebelles désirant réintégrer la vie civile ou militaire en RDC.