Lassaad Ben Ahmed
29 Septembre 2020•Mise à jour: 30 Septembre 2020
AA / Tunis
Le continent africain perd 88,6 milliards de dollars chaque année sous forme de fuite illicite de capitaux, a affirmé la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), dans un communiqué publié lundi.
Cette somme représente 3,7% du PIB de l’Afrique, selon la même source.
« Les flux financiers illicites privent l'Afrique et ses habitants de leurs perspectives, sapant la transparence et la responsabilité et érodant la confiance dans les institutions africaines », a déclaré Mukhisa Kituyi, secrétaire général de l’organisation.
Par flux financiers illicites, la Cnuced désigne « la fuite de capitaux, les pratiques fiscales et commerciales illicites comme la facturation erronée des envois commerciaux et les activités criminelles telles que les marchés illégaux, la corruption ou le vol ».
« De 2000 à 2015, le total des capitaux illicites qui ont fui l'Afrique s'est élevé à 836 milliards de dollars », ajoute la Cnuced, précisant que ce montant est bien supérieur à la dette africaine cumulée, estimée à 770 milliards de dollars en 2018.
La Cnuced alerte, par ailleurs, que ces fuites sapent « la capacité de production et les perspectives de l'Afrique pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) ».
« L'Afrique ne sera pas en mesure de combler l'important déficit de financement pour réaliser les ODD, estimé à 200 milliards de dollars par an », conclut le document de l’ONU, suggérant « une coopération fiscale internationale et des mesures de lutte contre la corruption ».