Nadia Chahed
24 Février 2017•Mise à jour: 24 Février 2017
AA/Dakar/Alioune Ndiaye
Le chef de l’Agence gambienne des Renseignements (Nia), sous Yahya Jammeh, Yankuba Badjie, ainsi que 8 de ses ex-collaborateurs ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt, a rapporté vendredi, le site sénégalais dakaractu.com.
Arrêté le lundi 20 février par la police gambienne en même temps que Saikou Omar Jeng, son directeur des opérations à la Nia, le colonel Yankuba Badjie a comparu jeudi devant un juge à Banjul, pour répondre de la mort en détention de l’opposant Solo Sendeng, en avril 2016 dans les locaux du "redouté service".
Les sept autres ex-fonctionnaires de cette agence sous Jammeh, interpellés deux jours plus tard, ont été inculpés pour les mêmes motifs.
Figure emblématique de l’opposition gambienne, Sendeng avait été arrêté le 14 avril 2016 avec plusieurs autres personnes, lors d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques en Gambie. Des manifestations contre le régime du président déchu Yahya Jammeh, qui a dirigé le pays pendant 22 ans d'une main de fer, ont éclaté à l’annonce du décès de l’opposant le 16 avril.
L’ancien chef de la Nia et ses ex-collaborateurs sont actuellement détenus dans la célèbre prison Mile Two de Banjul, en attendant leur procès dont la date n’a toujours pas été communiquée, avise encore le site sénégalais.
Adama Barrow, le nouveau président gambien, annonçait à l’occasion de la fête de l’Indépendance le 18 février la mise sur pied d’une « commission d'enquête sur la disparition de tous ceux qui ont été arrêtés sans laisser de traces ».
L'ex-président gambien, Yahya Jammeh, s’était toujours servi de la Nia, rebaptisée Service de renseignements d'Etat par Adama Barrow, comme instrument de répression contre ses opposants.
Dans un récent rapport, Amnesty International a fait savoir que, 2016, la dernière année de Jammeh au pouvoir, «a été marquée par de graves violations des droits humains».