Lassaad Ben Ahmed
06 Septembre 2018•Mise à jour: 07 Septembre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La ville de Butembo dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré son premier cas de décès lié à la maladie à virus Ebola, a annoncé jeudi le ministère congolais de la santé.
"Il s'agit d'un ancien cas qui a été signalé dans la ville de Beni. Il a été détecté rapidement à Butembo et est mort après quelques heures", a déclaré à Anadolu Bathé Nzoloko, coordinateur général de la riposte contre la dixième épidémie d'Ebola en RDC.
La personne morte était "hostile aux équipes sanitaires dans la ville de Beni. Il ne voulait pas être soigné quand il faisait partie des cas suspect", a ajouté Nzoloko.
"Cette mauvaise nouvelle augmente le risque de propagation. Et avoir Ebola dans un centre urbain, rend la fin de l'épidémie beaucoup plus difficile", a écrit le directeur général adjoint de l'Organisation Mondiale de la santé (OMS), Peter Salama, sur son compte twitter.
Le ministre congolais de la santé Oly Ilunga s'est rendu, jeudi, dans la région pour "renforcer les mesures de riposte contre Ebola après qu'une autre zone d'épicentre de la maladie ait été découverte à Beni-ville et la découverte d'un cas à Butembo", a déclaré à Anadolu Jessica Ilunga, chargée de communication près du ministre de la Santé.
Déclarée depuis le 08 août dernier, l'épidémie a déjà fait 87 morts dont 57 parmi les cas confirmés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.
Ville de plus d'un million d'habitants, Butembo est considérée comme la capitale économique de la province du Nord-Kivu, riche en minerais et qui dessert d'autres provinces voisines en produits importés de l'étranger.
Cette ville constitue la troisième étape de la propagation de l’épidémie, partie de son épicentre à Mangina, proche de la ville de Beni dans la même province du Nord-Kivu.
Le virus s'est vite propagé dans la province de l'Ituri voisine avant de franchir les lignes rebelles jusque dans la localité d'Oicha.
De part la grande mobilité de la population et les affrontements chroniques entre soldats, rebelles et miliciens, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé très élevé le risque de propagation de l'épidémie et estime qu'il ne sera pas facile à maîtriser.
Cette dixième épidémie a été déclarée une semaine après la fin de la neuvième qui a touché la province de l'Équateur, dans nord-ouest du pays où elle a fait 33 morts.