Lassaad Ben Ahmed
11 Juin 2018•Mise à jour: 11 Juin 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom, est revenu dimanche soir en République démocratique du Congo (RDC) et doit se rendre lundi dans la province de l’Equateur, a-t-on appris de source officielle.
Il envisage d'évaluer la riposte contre l’épidémie d’Ebola, déclarée depuis le 8 mai dans le Nord-Ouest du pays.
Tedros s'était rendu une première fois en RDC, le 12 mai écoulé, quatre jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola.
Adhanom est arrivé dimanche dans la capitale Kinshasa pour une visite de deux jours, qui devrait le conduire lundi, tôt le matin, dans la province de l’Equateur où l’épidémie d’Ebola a touché deux zones rurales et une ville, Mbandaka.
"Lundi, il prendra un vol spécial UNHAS (de l’ONU) pour la ville de Mbandaka et Itipo, zones affectées", a déclaré à Anadolu Eugene Kabambi, chargé de communication de l’OMS en RDC.
Déclarée depuis le 8 mai, l'épidémie d'Ebola a déjà fait 13 morts. Avant la déclaration officielle de l’épidémie, quatorze personnes étaient mortes d'une fièvre hémorragique inconnue, d'après le ministère de la Santé qui a revu à la baisse les chiffres (17 à 14).
A la date du 9 juin, la maladie à Virus Ebola se confirmait sur 38 personnes selon le bulletin journalier du ministère. A cela s’ajoute 14 cas probables et 7 suspects, selon le même document.
Pour riposter à cette neuvième résurgence d’Ebola, l’OMS et les autorités sanitaires congolaises appliquent un vaccin sur des cas suspects, les proches des malades et les professionnels de santé.
Depuis le lancement de cette vaccination ciblée contre Ebola le 21 mai dernier, "2,145 personnes ont été vaccinées, dont 713 à Mbandaka, 498 à Bikoro, 904 à Iboko et 30 à Ingende", selon le même bulletin.
La RDC devrait se préparer "avec efficacité" à une dixième épidémie, car "le virus Ebola a un réservoir naturel localisé dans la forêt équatoriale", a déclaré lors d’un point de presse samedi à Kinshasa, le ministre de la Santé Oly Ilunga.
Ilunga a indiqué qu’il demeurait "prudent" car le risque de propagation reste "élevé en raison de la mobilité de la population dans les zones affectées".
Le ministre et l’OMS ont approuvé la semaine dernière l'utilisation de cinq produits "thérapeutiques expérimentaux", pour traiter les malades d'Ebola.
Découvert pour la première fois en 1976 dans le village de Yambuku (Nord-Ouest) sur les rives d’une rivière dont il tient le nom, Ebola est resté endémique en RDC.
La dernière épidémie en date remonte à mai 2017 à Aketi, une zone isolée de la province du Bas-Uélé (Nord-est) où elle avait officiellement fait 4 morts.
La plus violente épidémie d’Ebola de l'histoire avait frappé l'Afrique de l'ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts.