Atem Simon Mabior Ajaang
19 Avril 2018•Mise à jour: 19 Avril 2018
AA / Juba / Atem Simon
Le gouvernement de Djouba a renouvelé jeudi son engagement à établir un tribunal hybride pour juger les personnes impliquées dans les crimes de guerre commis pendant le conflit en cours dans le pays.
Le gouvernement sud-soudanais a également plaidé pour une justice transitionnelle qui ne conduise pas à la déstabilisation du pays, en conduisant les principales parties au conflit devant les juges.
C’est ce qui ressort des déclarations de Martin Elia Lomuro, ministre sud-soudanais des Affaires du Cabinet, qui s’est adressé aux journalistes à Djouba, à l’issue de sa rencontre avec une délégation de l'Union africaine.
"Nous ne nous opposons pas à la justice transitionnelle. Cependant, nous mettons en garde que le tribunal soit utilisé pour menacer le processus de paix et déstabiliser la situation dans le pays en conduisant les parties à l’Accord [de paix] devant le tribunal", a-t-il insisté.
Martin Elia Lomuro parlait de l’Accord de paix signé en août 2015, à Addis-Abeba, par les représentants du gouvernement dirigé par Salva Kiir Mayardit et l'opposition armée loyale à Riek Machar.
Parrainé par l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’Accord a jeté les bases d’un processus de justice transitionnelle dans le pays, en recommandant la mise en place d’une Commission de la vérité et de la réconciliation, l’établissement d’une autorité pour l’indemnisation des victimes du conflit et la création d’un tribunal hybride.
Selon le texte de l’Accord, le tribunal hybride "est établi par la commission de l’Union africaine dans le but d’enquêter sur les personnes responsables des violations du droit international et / ou de la loi soudanaise, perpétrées du 15 décembre 2013 [date du déclenchement de la guerre] jusqu'à la fin de Période de transition".
Le tribunal devrait ainsi juger les personnes accusées, entre autres, de génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité.