Nadia Chahed
23 Février 2018•Mise à jour: 23 Février 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Les chefs des Etats membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (CEA), réunis vendredi à Kampala en Ouganda, ont décidé de renouveler le mandat de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, en tant que Facilitateur dans la crise burundaise.
Cette décision a été prise en marge du 19ème Sommet des chefs d'Etats de la CEA, tenu vendredi. Elle a été relayée par le ministre burundais des Relations extérieures et de la coopération internationale, Alain
Aimé Nyamitwe.
« Le 19ème Sommet extraordinaire de l’EAC renouvelle le mandat de Benjamin Mkapa pour continuer comme Facilitateur dans le dialogue interburundais sous l’égide du président Ougandais Yoweri Museveni »,
a-t-il déclaré ce vendredi soir sur twitter.
«Le Sommet a apprécié l’appui des partenaires et autres organisations internationales », a ajouté Alain Aimé Nyamitwe.
Bujumbura n’a pas encore fait de réaction officielle à cette décision.
Crée en 2001, la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est est constituée de six pays à savoir le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud qui a rejoint récemment le
groupe en 2016. Elle couvre une superficie de 1.8 million de km 2.
Benjamin Mkapa avait été nommé en mars 2016 par les chefs d’état de la Communauté d’Afrique de l’est, facilitateur dans la crise burundaise.
Depuis plusieurs mois, le dialogue inter-burundais est au point mort face au refus de Bujumbura de se mettre à la même table que l'opposition radicale qu'elle accuse d'être derrière la tentative du coup d'Etat de
mai 2015 contre le régime en place.
Benjamin Mkapa n’a jamais pu rassembler autour d’une même table les représentants du gouvernement burundais et ceux de l’opposition radicale. Bujumbura qui estime que la dernière session du dialogue extérieure (27 novembre-8 décembre) était la dernière fonce vers une révision de la constitution (mai 2018) et des élections générales de 2020.
L’opposition et la communauté internationale fustigent ce forcing.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié
le 31 janvier 2018.