Lassaad Ben Ahmed
02 Novembre 2020•Mise à jour: 02 Novembre 2020
AA / Abidjan / Fulbert Yao
L’organisation du scrutin présidentiel du 31 octobre dernier en Côte d’Ivoire, emailée de violences a été différemment évaluée, tant par les missions d’observations nationales qu'internationales accréditées.
Dans un rapport préliminaire lundi, la mission du Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH) a félicité le gouvernement pour avoir pris toutes les dispositions pour la tenue de l’élection du président à la date constitutionnelle, estimant que «hormis quelques incidents rapportés dans certaines localités, le scrutin s’est déroulé de façon honnête dans des conditions acceptables et dans la sérénité grâce à l’implication des forces de sécurité».
Le CNDH a dénombré 213 incidents sur l’ensemble du territoire pendant le jour du scrutin, mais selon sa présidente, Namizata Sangaré, « ces incidents ne peuvent pas entacher la sincérité du scrutin». Elle a encore soutenu qu’il n’y a pas eu de violation de droit de l’homme, mais des atteintes.
Idem pour la Mission d’observation électorale de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) qui relève une élection présidentielle qui s’est déroulée de « façon régulière et transparente ».
La mission de l’Union Africaine, conduite par le Djiboutien Dileita Mohamed Dileita estime que « le premier tour de l’élection du président de la République de Côte d’Ivoire s’est déroulé de manière globalement satisfaisante en dépit d’un contexte politique caractérisé par l’absence de consensus sur le processus conduisant à l’élection du 31 octobre 2020 entre les acteurs politiques ».
Avec une toute autre appréciation, le Centre Carter dans un rapport divulgué lundi, estime que l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, samedi, n'a pas été "crédible", en raison de nombreux incidents et du boycott de l'opposition.
«Le contexte politique et sécuritaire n'a pas permis d'organiser une élection présidentielle compétitive et crédible», a indiqué l’ONG, soulignant que «le taux de participation observé est mitigé et présente de fortes disparités sur le territoire national avec un taux élevé dans le nord, faible dans le centre et à l'ouest et très variable dans le sud du pays».
De son coté, le Groupe de plaidoyer PTI, à travers Indigo Côte d’Ivoire, a rapporté 391 incidents et soutient que le processus électoral a été «émaillé de violences et ne favorisant pas l’expression massive et sereine des populations».
Quatre candidats étaient en compétition : Alassane Ouattara, 78 ans, l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, ainsi que Pascal Affi N'Guessan (ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo) et l'ancien député Kouadio Konan Bertin. Mais, seul Kouadio Konan Bertin a affronté le chef de l’État Alassane Ouattara, les deux autres ont boycotté, refusant d’accréditer la « forfaiture » d’Alassane Ouattara.
Selon les premiers résultats communiqués par la Commission électorale Indépendante (CEI) Le président sortant de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara est en tête. Les résultats globaux provisoires devraient être connus incessamment.