Hatem Kattou
06 Décembre 2017•Mise à jour: 06 Décembre 2017
AA / Alger / Karim Kabir
Le président français Emmanuel Macron a assuré mercredi à Alger « qu’il n’est pas quelqu’un d’incohérent », en réponse à une question d’un journaliste sur la différence entre Macron qui fut candidat et le président de la République qu’il est devenu.
En visite en Algérie, ancienne colonie française, en février dernier, Macron avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », une déclaration appréciée par les algériens mais critiquée en France.
«Je suis le même homme, je ne suis pas quelqu’un d’incohérent, c’est la même personne qui vous parle », a-t-il répondu à la chaîne de télévision algérienne privée qui l’interrogeait brièvement alors qu’il s’offrait un bain de foule au centre de la capitale.
"C’est une page d’avenir que je viens ouvrir avec la nouvelle génération algérienne, qui doit regarder différemment la France, qui doit regarder différemment les promesses de son pays. C’est pour moi très fort », a déclaré le président Macron aux médias en marge de son bain de foule.
Le contentieux mémoriel reste l'un des aspects les plus importants qui pèsent sur la relation algéro-française.
Alors que l'Algérie attend des gestes de la France, comme la restitution de crânes de résistants algériens détenus au Musée de l'homme à Paris, la restitution des archives ou encore "des excuses" pour son passé colonial, l'ancienne puissance coloniale, veut par la voix de Macron de "tourner la page".
Arrivée en fin de matinée, Emmanuel Macron a été accueilli par le président du Conseil de la nation (chambre haute du parlement), Abdelkader Bensalah, qui était accompagné du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du général de Corps d'Armée, Ahmed Gaïd Salah, Chef d'état-major de l'Armée et du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.
Après s’être recueilli au sanctuaire des martyrs à la mémoire des martyrs de la révolution algérienne (1954-1962), Emmanuel Macron s’est rendu au centre ville pour rencontrer la population algéroise. Il a été accueilli par des chants et des youyous.
Certains jeunes n’ont pas hésité à lui demander des visas quand d’autres criaient « one, two, three viva l’Algérie». Macron a insisté pour que « les jeunes des deux pays se tournent vers l’avenir, lequel est plein de défis ».
«Je connais l'Histoire, mais je ne suis pas otage du passé. Nous avons une mémoire partagée. Il faut en tenir compte. Mais je souhaite désormais, dans le respect de notre histoire, que nous nous tournions ensemble vers l'avenir », a-t-il affirmé peu de temps auparavant dans un entretien accordé simultanément à deux quotidiens, El Watan et El Khabar.
Emmanuel Macron devrait rencontrer dans l’après-midi le président Algérien, affaibli par un AVC depuis 2013, dans sa résidence à Zeralda (Ouest d'Alger) pour évoquer des questions économiques mais aussi sécuritaires notamment de la situation au Sahel et en Libye.
Il devrait également s’entretenir avec le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia et rencontrer la société civile dans la résidence de l’ambassade de France à Alger. Sa visite s’achèvera par un bref point de presse.