Esma Ben Said
11 Mai 2018•Mise à jour: 11 Mai 2018
AA / Pascal Mulegwa
Le parquet congolais a requis vendredi une peine d’au moins quinze ans de prison contre l’ex-chef d’état-major de l’armée congolaise et candidat à l’élection présidentielle de 2016 Jean-Marie Michel Mokoko, jugé par la cour criminelle de Brazzaville pour "atteinte à la sûreté de l’Etat" et "détention illégale d’armes et munitions de guerre", a appris Anadolu de source juridique.
"Le fait d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État étant amplement constitué à l’encontre du général Mokoko, vous lui fixerez une peine de détention qui ne sera pas en dessous de 15 ans", a déclaré le procureur général présentant son réquisitoire devant les juges cinq jours après l’ouverture du procès.
Dès l’ouverture du procès, le général Mukoko également poursuivi pour "troubles à l’ordre de public", est resté muet, refusant de répondre aux questions de juges. Il a préféré rendre public mercredi une lettre, affirmant avoir à faire "à l’arbitraire".
"Quoi qu’il advienne en ce qui me concerne, je ne céderai sur rien, je ne plierai pas", a promis l’officier de 71 ans aux arrêts depuis juin 2016 pour avoir contesté la réélection du président Denis Sassou Nguesso et appelé dans la foulée à la "désobéissance civile".
La défense a qualifié le procès de "règlement de comptes politique". Vendredi, l’épiscopat du Congo a souligné dans un long message aux Congolais la nécessité pour le Congo-Brazzaville d'une justice "équitable et indépendante".
Les évêques catholiques ont demandé la libération de "toutes les personnes en prison à la suite des contentieux politiques".
Le parquet a réaffirmé détenir une vidéo datant de 2007 dans laquelle Mokoko apparaît planifier un coup de force contre le régime de Brazzaville.
Dans le passé, il avait indiqué qu’il s’était fait "piéger" dans cette affaire de vidéo, ajoutant que la question avait été "réglée en famille" avec le président.
Passé par l’École supérieure militaire de Saint-Cyr, en France, le général Mokoko était jusqu'à février 2016 représentant spécial de la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) en Centrafrique.
Il avait démissionné de son poste de conseiller du président Sassou Nguesso chargé des questions de paix et de sécurité, qu’il occupait depuis 2005, pour se porter candidat à l’élection présidentielle de mars, où il a recueilli moins de 14% de voix, sortant troisième.