Berk Kutay Gökmen
11 Septembre 2026•Mise à jour: 11 Septembre 2026
ISTANBUL (AA)
Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre, de hauts responsables de l’ONU chargés de la lutte contre le terrorisme ont averti vendredi que les menaces terroristes étaient devenues plus fragmentées, davantage liées aux nouvelles technologies et plus difficiles à détecter. Ils ont appelé à renforcer la coopération internationale, les efforts de prévention et les partenariats avec le secteur privé.
S’exprimant lors d’une réunion publique du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée au 25e anniversaire des attentats, les responsables ont souligné que les mesures de lutte contre le terrorisme devaient s’adapter à l’évolution rapide des méthodes utilisées par les groupes terroristes, tout en respectant les droits humains et le droit international.
Natalia Gherman, directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité de l’ONU (DECT), a déclaré que la communauté internationale avait réalisé des progrès importants depuis les attentats, mais que « beaucoup reste encore à faire ».
« Au cœur de cette action se trouvent la solidarité et la coopération internationale pour prévenir le terrorisme, traduire les terroristes en justice et veiller à ce qu’ils ne puissent trouver de refuge », a-t-elle déclaré, faisant référence aux obligations établies par la résolution 1373 du Conseil de sécurité, adoptée au lendemain des attentats du 11 septembre.
Natalia Gherman a souligné que les organisations terroristes étaient de plus en plus fragmentées et décentralisées, exploitant les faiblesses de la gouvernance, les revendications locales et l’instabilité, tout en diversifiant leurs réseaux de financement.
Elle a également alerté sur l’utilisation croissante des technologies, notamment des systèmes d’aéronefs sans pilote, pour mener des opérations de surveillance et des attaques, ainsi que sur l’exploitation des réseaux sociaux, des plateformes de jeux vidéo et d’autres espaces en ligne pour recruter des jeunes.
« Les progrès de l’intelligence artificielle et la génération automatisée de contenus accroissent encore la rapidité, l’ampleur et la précision » du recrutement et de l’exploitation à des fins terroristes, a-t-elle déclaré.
Natalia Gherman a également évoqué le recours à des méthodes de financement du terrorisme de plus en plus sophistiquées, notamment les services de paiement en ligne, le financement participatif, les services d’argent mobile et les actifs virtuels, parallèlement aux méthodes traditionnelles telles que le transport d’espèces par des passeurs.
Elle a appelé la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour identifier les nouveaux risques liés au financement du terrorisme et élaborer des réponses adaptées.
Eihab Omaish, directeur chargé des politiques et de la coordination au Bureau de lutte contre le terrorisme de l’ONU, a estimé que les attentats du 11 septembre avaient profondément transformé le paysage de la sécurité internationale, tout en mettant en garde contre tout relâchement.
« Les acteurs terroristes ont adapté leurs méthodes et notre réponse collective doit suivre le rythme », a-t-il déclaré.
Eihab Omaish a identifié trois enseignements à tirer des 25 dernières années : les mesures de sécurité doivent s’accompagner d’efforts de prévention durables ; la coopération internationale doit associer la société civile, les femmes, les jeunes et les victimes du terrorisme ; et la lutte contre le terrorisme doit respecter le droit international.
« Une lutte efficace contre le terrorisme et le respect du droit international se renforcent mutuellement », a-t-il affirmé, avertissant que les mesures qui portent atteinte aux droits humains et à l’État de droit finissent par affaiblir les efforts collectifs contre le terrorisme.
Naureen Chowdhury Fink, directrice exécutive du Global Internet Forum to Counter Terrorism (GIFCT), organisation internationale spécialisée dans la lutte contre l’utilisation d’Internet à des fins terroristes, a insisté sur le rôle croissant des technologies.
« Les technologies émergentes ne sont plus seulement un outil important pour les terroristes ; elles en sont devenues l’outil principal », a-t-elle déclaré devant le Conseil.
Elle a estimé que l’intelligence artificielle pouvait réduire les obstacles auxquels sont confrontées les personnes souhaitant commettre des attentats en leur fournissant des informations et une assistance personnalisées, tandis que la « diffusion » idéologique et opérationnelle rend les auteurs d’attaques plus difficiles à identifier.
Naureen Chowdhury Fink a également appelé les gouvernements à considérer les entreprises technologiques comme des partenaires essentiels dans la lutte contre le terrorisme.
« La lutte multilatérale contre le terrorisme doit inclure le secteur privé et renforcer les possibilités de partenariats public-privé », a-t-elle déclaré.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir