Bilal Müftüoğlu
21 Octobre 2015•Mise à jour: 22 Octobre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le parquet de Paris a formellement identifié trois soldats français soupçonnés de viol sur des mineurs en Centrafrique, dans le cadre de l'information judiciaire contre X dans l'affaire d'abus sexuels des militaires français.
L'enquête a permis d'identifier pour l'heure trois soldats sur treize personnes soupçonnées de pédophilie, qui auraient imposé des fellations et sodomies en échange de nourriture, selon une information de la radio RTL.
Le procureur cherche désormais à identifier au moins neuf autres soldats français identifiés par les enfants centrafricains avec des surnoms, dont Alpha, Buzz, Virgile, Boubou, Nixon, Mamouche et City.
L'enquête avance très difficilement en raison des "accusations fragiles" et de "témoignages parfois contradictoires", a encore noté le parquet, cité par RTL. Certains mineurs auraient notamment imaginé les viols, et par conséquent sur neuf accusations d'origine, seules cinq ont été retenues par le parquet.
Le parquet de Paris avait annoncé l'ouverture d'une enquête début mai, se basant sur un questionnaire rempli par la rédactrice du rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) sur les accusations d'abus sexuels de militaires français en Centrafrique.
Le quotidien britannique ''The Guardian'' avait révélé ce rapport confidentiel de l’ONU transmis aux autorités françaises et faisant état d'abus sexuels commis par des soldats français déployés à Bangui sur des enfants entre décembre 2013 et juin 2014 dans le camp des déplacés de l'aéroport Bangui M'Poko, dans la capitale.
Le rapport confidentiel de l'ONU qui a été transmis à Paris par un travailleur humanitaire de l’ONU, Anders Kompass, un ressortissant suédois basé à Genève, évoque des ''fellations'' forcées pour ces militaires français, mais également d'autres agressions sexuelles impliquant des soldats étrangers, toujours selon The Guardian.
Le rapport détaille "les viols et les sodomies" subis par de "jeunes garçons affamés et sans-abris" par des troupes de maintien de la paix françaises, "qui étaient censées les protéger".