Ekip
11 Septembre 2022•Mise à jour: 11 Septembre 2022
AA / Yaoundé / Peter Kum
« Suite à une détention prolongée non motivée par une ordonnance du juge, Rémy Quignolot de nationalité française, a entamé ce dimanche une grève de la faim », a indiqué à l’Agence Anadolu au téléphone son avocate Arlette Sombo Dibélé.
« La détention de ce ressortissant français depuis 16 mois, est arbitraire. Je considère cela comme une séquestration », a relevé l’avocate.
« L’article 97 du code de procédures pénales centrafricain dit qu’en matière criminelle et dans les autres cas, l’inculpé ne peut être maintenu en détention provisoire au-delà d’un an.
Aujourd’hui, la session n’a pas lieu. Or le 2ème alinéa de l’article 97 nous dit : Toutefois, à titre exceptionnel, le juge d’Instruction peut, à l’expiration de ce délai, décider de prolonger la détention pour une durée qui ne peut être supérieure à 4 mois par une ordonnance motivée », a détaillé Me Arlette Sombo Dibélé.
Le procureur général près la Cour d'appel de Bangui, Eric Didier Tambo, a affirmé à l’Agence Anadolu que le procès de Juan Rémy Quignolot est programmé à la prochaine session criminelle qui se tiendrait à la fin du mois d’octobre prochain.
Juan Rémy Quignolot qui a été interpellé le 10 mai 2021 dans la capitale centrafricaine, Bangui, est « accusé d'espionnage, détention illégale d’armes de guerre et de chasse, association de malfaiteurs, atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et complot », avait annoncé dans un communiqué au lendemain de son arrestation, le procureur général près la Cour d'appel de Bangui.
Des photos de son arrestation avaient été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant le Français les mains liées dans le dos, un important arsenal de guerre à ses pieds.
Le gouvernement centrafricain l'avait alors accusé de détenir chez lui « une énorme quantité d'armes de guerre » et de se présenter comme « un journaliste ».
Cette arrestation et sa médiatisation avaient été dénoncée par la France comme une « instrumentalisation manifeste (...) par le biais de réseaux de désinformation liés à la promotion d'intérêts bien identifiés habitués à viser la présence et l'action de la France » en Centrafrique.