Nadia Chahed
02 Mars 2018•Mise à jour: 04 Mars 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
La Communauté musulmane du Burundi(COMIBU) a déposé vendredi à la Banque centrale du Burundi, BRB, un montant de 4.502.000 Francs burundais (environ 2 300 dollars américains ) en guise de contribution au processus électoral de 2020, a déclaré Cheik Sadiki Kajandi, Représentant légal de la COMIBU.
«Cette contribution est pour nous un signe de soutien au processus électoral et aux autorités du pays, c’est la première partie de notre contribution, nous comptons revenir encore bientôt avec un autre montant», a déclaré Sadiki Kajandi lors déclaré lors d’un point de presse à Bujumbura.
Il a, en outre, appelé "toute la population à en faire de même pour permettre au gouvernement d’organiser ces élections sans devoir tendre la main à l’extérieur".
Au Burundi, les Musulmans représentent près de 10℅ de la population totale (un peu plus de 11 millions). Cette communauté est essentiellement implantée dans les centres urbains, notamment à Bujumbura, à Gitega (centre) et à Rumonge (Sud).
Bujumbura abrite une forte communauté musulmane, majoritairement composée de commerçants ouest-africains, venus notamment du Sénégal, du Niger, de la Guinée ou encore du Mali, mais aussi des Arabes.
A travers cette contribution, la COMIBU répond à l’appel récemment lancé par les autorités à tous les citoyens pour appuyer financièrement le prochain processus électoral.
En décembre 2017, les ministres de l'Intérieur et des Finances avaient publié une ordonnance commune instituant cette contribution citoyenne.
Le chef de l’Etat, a déjà donné le ton en déposant près de 3000 dollars.
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas encore fixé le montant requis pour organiser les élections de 2020.
Controversées, les précédentes élections générales de 2015 n’avaient pas bénéficié des aides attendues des partenaires techniques et financiers. La Ceni avait sollicité autour de 40 millions de dollars.
La majorité des bailleurs de fonds ont suspendu leur appui financier, depuis la crise politique déclenchée au lendemain de la réélection du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat fin avril 2015.
Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.
Ces violences ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé plus de 400.000 personnes à l’exil selon l’ONU et les ONG.