Lassaad Ben Ahmed
27 Décembre 2017•Mise à jour: 28 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Plus de 13000 réfugiés burundais sont rentrés au pays au cours de l'année 2017 qui tire à sa fin, a déclaré, mercredi, à Anadolu Thérence Ntahiraja, assistant du ministre burundais de l’Intérieur et de la formation patriotique.
Bujumbura se réjouit du nombre des Burundais ayant regagné le pays, qui dépasse les prévisions initiales. En effet, «Alors que le gouvernement tablait sur un effectif de 12.000 réfugiés revenants au 31
décembre, nous enregistrons déjà plus de 13000. Nous nous réjouissons de cet afflux massif», a-t-il déclaré à Anadolu.
Selon Thérence Ntahiraja, le processus de rapatriement des réfugiés se poursuit jusqu’à aujourd’hui et même le Haut-comité des réfugiés (HCR) «a déjà mis à notre disposition des véhicules pour faciliter leur retour».
«Les services d’accueil des réfugiés enregistrent chaque jour entre 800 et 1000 réfugiés qui regagnent le pays», a également déclaré l’Assistant du ministre de l’Intérieur.
Ces Burundais répondent ainsi à l’appel que le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza leur a lancé en juillet dernier, lors d’une visite officielle d’une journée qu’il a effectuée à Ngara en Tanzanie.
S’adressant aux réfugiés burundais retranchés dans ce pays, Pierre Nkurunziza leur a demandé de regagner leur pays qui a, selon lui, recouvré la paix. Son appel a été aussitôt relayé par le président
tanzanien. «Chers réfugiés venus du Burundi, vous avez entendu l’appel du président Nkurunziza. Rentrez dans votre pays ! », avait déclaré Magufuli, repris par la presse burundaise.
Mais selon les statistiques de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), le flux des réfugiés burundais dans les pays voisins ne fléchit pas. Au 11 décembre 2017, plus de 420.000 burundais avaient
pris le chemin de l’exil depuis fin avril 2015.
Avec un effectif de plus de 240 mille personnes, la Tanzanie est le premier pays d’accueil des réfugiés burundais. Elle est suivie par le Rwanda (87 mille), l’Ouganda (37 mille) et la République démocratique du Congo (40 mille).
Les autres réfugiés, moins nombreux, sont éparpillés dans les pays voisins du Burundi, en l’occurrence le Malawi, le Mozambique, le Kenya et la Zambie, selon les mêmes données.
Depuis plus de deux ans, le Burundi est secoué par une grave crise-politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3eme mandat jugé illégal par l’opposition, la société civile et même une partie de son propre camp.
Les violences ayant suivi cette crise, ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé des centaines de milliers d’autres personnes à l'exil, d'après l'ONU.