Esma Ben Said
17 Mai 2018•Mise à jour: 18 Mai 2018
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Quelque 4,7 millions d'électeurs burundais sont appelés à se prononcer jeudi par référendum sur une révision de la Constitution dénoncée par l'opposition radicale qui a appelé au boycott.
Les bureaux de vote ont ouverts leurs portes à 6 heures (4 heures GMT), dans plusieurs quartiers de la capitale burundaise, Bujumbura, a constaté le correspondant de Anadolu.
Que ça soit à Bwiza, Nyakabiga, Jabe, commune Mukaza au centre de Bujumbura, à Kamenge, Kinama, Cibitoke, commune Ntahangwa au nord de Bujumbura, les électeurs ont été matinaux.
De longues files d’attentes se remarquaient déjà avant l’ouverture des bureaux de vote.
« Avant d’aller vaquer à mes autres activités, j’ai préféré d’abord accomplir ce devoir civil et patriotique », a confié Thacien Kabura, un électeur rencontré au bureau de vote de la 4 ème avenue, à Bwiza.
Des agents de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sur place ont affirmé à Anadolu que le matériel est au complet et que "tout se déroule comme prévu, sans anicroche".
Des militaires et des policiers ont été déployés devant chaque bureau de vote pour sécuriser ce référendum boycotté par l’opposition radicale.
Selon Térence Bizimana, président de la commission électorale provinciale indépendante en Mairie de Bujumbura, 931 bureaux de vote sont répartis dans les trois communes de la capitale à savoir Muha au sud, Mukaza au centre et Ntahangwa au nord.
« Nous attendons 457.681 électeurs. Et 4655 agents ont été affectés aux différents bureaux de vote », a-t-il précisé.
Au niveau national, Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Ceni, indique que 3828 centre de vote et 11.076 bureaux de vote ont ouvert leurs portes.
D’après la Ceni, les bureaux de vote fermeront leurs portes à 16 heures (14 heures GMT) sur tout le territoire national.
La nouvelle constitution apporte, deux changements majeurs au niveau du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et il sera «renouvelable». Selon l’opposition, elle ne vise qu'à accorder une présidence à vie à Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005.
Le Burundi a déjà plongé, depuis avril 2015, dans une grave crise, émaillée de violences, suite au dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat consécutif.
Les violences qui en ont découlé ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus 430.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés publié le 26 avril 2018.
Ce référendum "fait craindre le pire", selon les observateurs politiques.