Esma Ben Said
05 Octobre 2017•Mise à jour: 06 Octobre 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Au moins 125 personnes ont été tuées durant les mois de juillet-août et septembre au Burundi, en proie à une crise poltique et sécuritaire depuis avril 2015, indique un rapport trimestriel établi par la Ligue Burundaise des droits de l’Homme Iteka, publié jeudi.
Le rapport dont Anadolu a eu une copie révèle que 48 corps sans vies ont été découverts dans certains coins du pays, certains jetés dans les rues, les
brousses ou les rivières.
« Dix cas de disparitions, 62 torturées, 659 arrêtées arbitrairement et 164 personnes ont été blessées », ajoute ce rapport, évoquant également onze
victimes de violences basées sur le genre.
Joint par Anadolu, Anschaire Nikoyangize, président de la Ligue Iteka, indexe les jeunes affiliés au parti au pouvoir Imbonerakure, des agents du service national de renseignement (SNR), des policiers, des militaires ainsi que certains administratifs comme étant des auteurs de ces violations des droits humains.
Par ailleurs, dit-il, « des militaires ex-armée régulière en fonction ou en retraite et des policiers continuent à faire objet de séquestration, d’arrestations arbitraires, de tortures et d’assassinats », tandis qu’au moins huit militaires ont été tués, quatre autres torturés et cinq ont été arbitrairement arrêtés.
Côté policier, la Ligue Burundaise des droits de l’Homme parle d’un policier tué et cinq autres blessés au cours de ce trimestre.
D’après ce rapport, des victimes ont été enregistrées dans les rangs de l'opposition, surtout des Forces nationales de libération (FNL) aile dirigée par
Agathon Rwasa, ceux du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) dirigé par l’opposant Alexis Sinduhije, et récemment radié, ceux de l’Union
pour le Progrès national (UPRONA) de l’opposant Charles Nditije en exil,… ainsi que ceux des membres des organisations de la société civile contre le 3 ème
mandat de Pierre Nkurunziza.
Le même rapport dénonce aussi les discours de haine et d’incitation à la violence prononcés par certaines autorités du pays et certains leaders du parti
présidentiel et ses alliés.
La Ligue des droits de l’Homme Iteka est membre de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme et des Peuples (UIDH) et est affiliée à la Fédération
Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH).
Depuis plus de deux ans, elle publie chaque mois son rapport de monitoring sur les cas de violations des droits de l’homme dans le pays.
Le gouvernement burundais n’a pas encore commenté ce nouveau rapport de la Ligue Iteka.
Il y a plus de deux ans, le Burundi a plongé dans un grave crise, marquée de violences, depuis l’officialisation de la troisième candidature de Pierre
Nkurunziza, en avril 2015, contestée par l’opposition et la société civile.
Les violences ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés
(UNHCR) publié le 25 septembre 2017.