Esma Ben Said
02 Février 2016•Mise à jour: 03 Février 2016
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo
L’opposition burundaise s’est dite «déçue» et «choquée» par le choix de l’Union africaine (UA) de renoncer à envoyer une force d’interposition au Burundi, en proie à une crise sécuritaire depuis plus de neuf mois, a déclaré, lundi, à Anadolu un responsable de l’opposition.
Dimanche, lors de son 26e sommet, l’Union africaine avait abandonné l’idée d’envoyer des troupes au sol devant le refus catégorique de Bujumbura, et la réticence d’autres chefs d’Etats africains.
«Le Cnared (Conseil National pour le Respect de l'Accord d'Arusha et de l'Etat de Droit au Burundi) a été déçu par la décision du sommet des Chefs d’Etats de l’UA de ne pas autoriser le déploiement de la MAPROBU (Mission africaine de prévention et de protection au Burundi) pour protéger la population civile burundaise en péril imminent», a déclaré à Anadolu Jérémie Minani, porte-parole du Cnared.
«Ce qui est choquant surtout, c’est le fait que les chefs d’Etats ont jugé que l’envoi de la MAPROBU serait prématuré. On se demande alors combien de morts il leur faut pour juger que c’est le moment d’intervenir» a-t-il ajouté.
« Avec plus de 1200 morts, plus de 6000 détentions arbitraires, plus de 300 mille réfugiés, comment peut-on raisonnablement juger que c’est prématuré d'intervenir spécialement lorsque les négociations qui sont censées résoudre cette crise, sont au point mort à cause du pouvoir? », s’est-il encore interrogé.
« Si rien n’est fait dans l’immédiat pour relancer des négociations inclusives et pour protéger la population burundaise, il ne faudra pas s’étonner qu’une partie de la population qui se sent abandonnée à son sort, s’organise pour se défendre contre la machine génocidaire du régime illégal burundais. Mais la porte risque de s’ouvrir au chaos », a averti le porte-parole.
A la place d'un déploiement de 5 mille soldats au sol, pourtant approuvé en décembre dernier, l’Union africaine a convenu, lors du sommet, d’envoyer prochainement une délégation de « très haut niveau » pour discuter avec le régime burundais. Aucun détail sur cette délégation n'a été donné.
Depuis que le Burundi a plongé dans la crise, en avril dernier, des centaines de morts ainsi que des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés, ont été enregistrés, selon l’ONU.