Nadia Chahed
20 Juillet 2017•Mise à jour: 21 Juillet 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Une fosse commune contenant près d'une centaine de corps a été découverte dans le Sud du Burundi, a appris Anadolu, jeudi, auprès de sources administratives locales.
La fosse est située dans la commune de Mabanda (Province de Makamba à 200 km de Bujumbura) dans le Sud du Burundi, a indiqué dans une déclaration à Anadolu Laetitia Niyonkuru, Administrateur de cette commune.
«Elle a été découverte par des ouvriers qui creusaient des caniveaux sur une route en construction près du bureau communal», a précisé la même source, ajoutant qu'il était encore difficile d'identifier les corps et les auteurs de ce massacre.
Contacté par Anadolu, le gouverneur de Makamba, Gad Niyonkuru, a confirmé ces faits sans donner plus de détails. Il a, toutefois, déclaré qu'ils attendent "l'envoi par la Commission Vérité Réconciliation du Burundi (CVR-Burundi) d'une délégation d'experts sur les lieux pour le constat et les enquêtes".
Les autorités communales ont provisoirement suspendu les travaux d’aménagement de la route sur ce site, a-t-il ajouté.
Selon des témoins oculaires contactés par Anadolu, la fosse contient prés d'une centaine de corps et des machettes.
Frontalière de la Tanzanie dans le sud du Burundi, la province de Makamba a souvent été le théâtre de violents affrontements entre Hutus et Tutsis, les deux principales ethnies rivales du Burundi.
Des massacres interethniques y ont notamment eu lieu en 1972 et 1993. Certains estiment que la fosse découvertes remonte à cette époque.
D’autres fosses communes ont déjà été découvertes dans le passé dans les provinces de Mwaro (centre), de Kayanza (nord) et de Bujumbura.
Depuis son accession à l’indépendance en juillet 1962, le Burundi a été cycliquement frappé par des guerres et des massacres interethniques sur fond de rivalités pour le pouvoir.
Les Tutsis minoritaires (14℅) avaient le monopole au sein de l’armée et de l’administration jusqu’en 1993, date des premières élections démocratiques qui, pour la première fois, ont porté au pouvoir un membre de l’ethnie hutu majoritaire (85℅), Melchior Ndadaye.
Son assassinat, trois mois plus tard, a marqué le début d’une décennie de guerre civile qui s’est bouclée par la signature à Arusha en Tanzanie, de l’Accord pour la paix et la réconciliation des Burundais.
Depuis fin avril 2015, le Burundi a, de nouveau, plongé dans une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président, Pierre Nkurunziza, de briguer un 3ème mandat présidentiel jugé par l’opposition et la société civile contraire à cet Accord d‘Arusha.
Les violences consécutives a cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 42.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 10 juillet 2017.