Lassaad Ben Ahmed
18 Avril 2018•Mise à jour: 19 Avril 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Le gouvernement burundais ne s’est jamais désengagé du «dialogue inter-burundais», initié sous l’égide la Communauté des états d’Afrique de l’est (CAE), a appris Anadolu d’un communiqué diffusé mardi soir.
Le gouvernement burundais n’a jamais déclaré «vouloir tourner le dos au dialogue inter-burundais, étant donné que ce dernier a été et restera toujours son cheval de bataille pour résoudre tout différend entre les fils et filles du pays», a déclaré Philippe Nzobonariba, secrétaire général et porte-parole du gouvernement burundais.
Bujumbura a, ainsi, réagi à l’inquiétude conjointement exprimée, la veille, par l’Union africaine et l’Onu par rapport à son refus de participer «au dialogue inter-burundais», initié à Arusha au nord de la Tanzanie.
«En date du 16 avril 2018, le Gouvernement du Burundi a pris connaissance d’une publication conjointe de la Commission de l’Union Africaine et des Nations-Unies faisant état d’inquiétude de ces deux organisations d’une décision du gouvernement du Burundi de suspendre sa participation au Dialogue inter-burundais», a rappelé le porte-parole du gouvernement.
Bujumbura a rassuré les deux organisations qu’il maintient toujours «sa confiance au Facilitateur dans le dialogue inter-burundais, Benjamin Mkapa, ainsi qu’à Yoweri Kaguta Museveni (médiateur) et pour les efforts qu’ils ne cessent de déployer afin de trouver un terrain d’entente au sein de la classe politique burundaise».
«La collaboration entre le Gouvernement du Burundi et la Facilitation ne souffre, à ce jour, d’aucune entorse», a-t-il affirmé.
Bujumbura a exprimé, en outre, sa disposition de discuter «des dates de la prochaine session du dialogue inter-burundais et de fixer une échéance consensuelle qui ne perturbe pas le calendrier des activités nationales d’envergure, déjà programmées (référendum constitutionnel prévu le 17 mai, Ndlr)».
Initié depuis près de trois ans à Arusha, au nord de la Tanzanie, le dialogue inter-burundais mené sous l’égide de la Communauté est-africaine est au point mort depuis plusieurs mois.
Le 4ème et dernier round des négociations a eu lieu du 27 novembre au 8 décembre dernier.
Bujumbura et ses opposants radicaux ont laissé en suspens bien des points de divergence, notamment la "levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques" et "le dialogue avec les groupes armées».
Bujumbura, qui a déjà exprimé sa volonté de rapatrier ce dialogue d’Arusha, s’attelle aujourd’hui à la préparation du référendum constitutionnel (17 mai 2018) et des élections de 2020.
Depuis près de trois ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué depuis 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 430.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 mars 2018.