Lassaad Ben Ahmed
12 Décembre 2017•Mise à jour: 12 Décembre 2017
AA / Bujumbura / Jean Bosco
«Le dialogue inter-burundais va se poursuivre à Bujumbura en raison «l’esprit constructif» qui a marqué la 4ème et dernière session organisée du 27 novembre au 8 décembre en Tanzanie », a déclaré le gouvernement burundais dans un communiqué publié lundi soir.
«Avec les résultats de la 4ème session qui est la dernière tenue à l’étranger, ce dialogue va se poursuivre et compléter celui qui a rassemblé les Burundais de l’intérieur», a déclaré Philippe Nzobonariba, secrétaire général et porte-parole du Gouvernement, dans une déclaration dont Anadolu a reçu une copie.
Du coup, le Burundi demande «aux politiciens non poursuivis par la justice en particulier, encore à l’étranger et aux autres réfugiés en général, à rentrer dans leur pays et à contribuer aux préparatifs des échéances électorales de 2020».
Le gouvernement burundais s’est particulièrement réjoui des conclusions de cette dernière session car «le Facilitateur a pu dégager des points de convergences, de loin plus nombreux que ceux de divergences, sur les questions qui figuraient à l’agenda de la Session», a précisé Philippe Nzobonariba.
Bujumbura se réjouit particulièrement de la nature des points de convergences qui, note-elle, «portent, principalement, sur les questions fondamentales de la vie politique, sociale et économique d’un pays».
A ce niveau, le gouvernement burundais souligne, notamment, «la reconnaissance de la souveraineté de la république du Burundi, les droits politiques, économiques et sociaux de tous les Burundais, ainsi que l’engagement de la classe politique à mettre fin à l’impunité et à rejeter toutes les formes de violence, y compris les discours de haine comme moyens de résoudre les différends».
Dans une déclaration publiée samedi dernier, l’opposition radicale en exil avait qualifié, cette 4ème session d’«échec prévisible».
L’opposition a argumenté sa position notamment par «l’absence d’un agenda clair ; l’annonce de la signature d’un accord sans qu’il y ait eu de véritables négociations; la seule collaboration avec le pouvoir de Bujumbura pour désigner les participants et l’absence des parties au conflit pour ne citer que ceux-là».
La 4ème session de dialogue inter-burundais a été organisée du 27 novembre au 8 décembre 2017 à Arusha dans le Nord de la Tanzanie. L’opposition radicale n’y a pas été invitée.
Selon les prévisions de la Facilitation, un accord était attendu le 8 décembre, en présence des chefs d’Etats de la communauté est-africaine. Mais à la fin de la session, le facilitateur Benjamin Mkapa a constaté que plusieurs points de divergences persistaient encore entre les différentes parties prenantes, raison pour laquelle aucun accord n’a été signé à la date prévue.
Dans un document rendu public par le Facilitateur au bout de la session, ce dernier a déclaré que ces divergences persistantes concernent, notamment, la «levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques», ainsi que «le dialogue avec les groupes armées qui sont disposés à renoncer à la violence et à poursuivre la réinstallation pacifique».
«Les points de vue divergents nécessitent davantage de concertation entre les parties prenantes, afin qu’une solution globale soit trouvée dans les meilleurs délais à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Burundi», a-t-il déclaré en plénière.
Depuis près de deux ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer depuis 2015, un 3ème mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences ayant suivi cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 23 novembre 2017.