Ayvaz Çolakoğlu
01 Octobre 2026•Mise à jour: 01 Octobre 2026
Ankara (AA)
Le conseil départemental de l’Essonne fait face à une impasse budgétaire historique et décide de suspendre temporairement les versements du Revenu de solidarité active (RSA).
Lors du vote de son budget supplémentaire le lundi 28 septembre 2026, la collectivité a pris la décision choc de suspendre temporairement ses versements à la Caisse d'allocations familiales (CAF) pour le financement du Revenu de solidarité active (RSA). Ce bras de fer politique vise à alerter l'État sur un déficit financier abyssal évalué à 74 millions d'euros.
Le département s'est toutefois voulu rassurant, cette mesure n'aura aucun impact pour les allocataires, la CAF continuant d'assurer l'avancement et le versement normal de la prestation.
La collectivité se retrouve prise en étau par une crise aux deux visages, une chute brutale de ses recettes fiscales couplée à une explosion de ses dépenses de solidarité.
Le principal coup de massue provient de l'effondrement du marché immobilier.
Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui s'élevaient encore à 300 millions d'euros en 2022, devraient sombrer à 207 millions d'euros en 2026, provoquant un manque à gagner imprévu de 33 millions d'euros sur l'exercice.
En parallèle, la facture du RSA a bondi de 21 millions d'euros pour atteindre un coût global de 228,5 millions d'euros, portée par une hausse marquée du nombre de bénéficiaires essonniens qui frôle désormais le cap des 32 700 foyers.
Face à une dette dont la capacité de remboursement théorique dépasse désormais les 50 ans, le président du conseil départemental, François Durovray (LR), s'est insurgé contre l'asphyxie financière imposée par l'État.
« On ne peut pas demander indéfiniment aux Départements de financer toujours davantage de dépenses obligatoires avec toujours moins de recettes. Nous arrivons aujourd'hui à la limite du système », a-t-il fustigé.
Le vice-président en charge des finances, Nicolas Samsoen (UDI), a quant à lui déploré un choc « plus violent que prévu ».
Sur les bancs de l'opposition de gauche (PS et DVG), les élus s'accordent sur le constat de la crise mais exhortent l'exécutif à s'engager en faveur d'une vaste réforme fiscale, jugée indispensable pour redonner une réelle autonomie budgétaire aux départements franciliens.
Plusieurs départements franciliens tirent également la sonnette d'alarme face aux difficultés.