Mohamed Hedi Abidellaoui
21 Juin 2017•Mise à jour: 22 Juin 2017
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
La courbe du flux des réfugiés qui fuient vers les pays voisins, en raison de la crise politique et sécuritaire qui secoue le Burundi, est toujours ascendante, selon le Centre africain d’études stratégiques (CAES).
« Le nombre de réfugiés enregistrés qui fuient le Burundi a augmenté de 60%, passant de 265 770 en juin 2016 à 423 056 en juin 2017 », précise la même source, dans un rapport relayé par la presse burundaise, mercredi.
Mettant en garde contre une situation qui ne cesse d'empirer, le Centre poursuit : «La crise politique du Burundi continue de s'aggraver avec le nombre de réfugiés et de personnes déplacées qui ne montrent aucun signe de diminution».
La crise burundaise impacte, par delà, toute la région en raison de ce flux massif et continu des réfugiés, de l’avis du CAES. La Tanzanie et le Rwanda étant les principaux pays d’accueil des déplacés burundais.
«Le camp de Nyarugusu en Tanzanie est le troisième plus grand au monde», note la même source. D’autres camps sont notamment installés en Ouganda, au Kenya, en RDC, en Zambie et au Malawi.
Pendant ce temps, Bujumbura minimise l’ampleur des mouvements de réfugiés, arguant qu’une bonne partie d’entre eux a déjà regagné le pays, « en raison de la stabilité retrouvée ».
S’exprimant, mardi, à l’occasion de la Journée internationale des réfugiés, l’Assistant du ministre burundais de l’Intérieur, Terence Ntahiraja, a déclaré à la presse que plus de 150.000 réfugiés burundais, sur un total de 250.000, avaient regagné leur pays au cours des deux dernières années.
Depuis avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire consécutive à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat que l’opposition, la société civile et même une partie de son propre camp jugent encore illégal.
Cette crise a entraîné plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), publié lundi.