Lassaad Ben Ahmed
28 Décembre 2020•Mise à jour: 28 Décembre 2020
AA/Ouagadougou/Dramane Traoré
Réélu avec 57,74% des suffrages dès le premier tour de la présidentielle du 22 novembre dernier, Roch Marc Christian Kaboré, 63 ans, a prêté serment ce lundi, pour un second mandat de cinq ans, a constaté sur place à Ouagadougou, l’agence Anadolu.
La cérémonie d’investiture de Kaboré s’est déroulée au Palais des Sports à Ouaga 2000, en présence de 1200 personnes dont une dizaine de chefs d’Etat africains et du chef du gouvernement.
"Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement", a déclaré Kaboré.
Il a, par ailleurs annoncé la tenue d'une large consultation, afin de définir les voies d’une réconciliation nationale véritable mais qui "ne saurait faire l’économie des crimes de sang, économiques et politiques".
"Tous les efforts seront entrepris pour permettre de vider les dossiers en instance et garantir une justice équitable pour tous dans notre pays", a-t-il promis.
Kaboré a été élu pour la première fois en 2015 au premier tour, avec 53,49% des voix.
Son premier mandat a été émaillé d'attaques terroristes qui ont débuté quelques jours après sa prise de pouvoir, avec notamment, un attentat, le 15 janvier 2016, contre un hôtel et un restaurant dans le centre de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso faisant une trentaine de morts.
Depuis cette date, les attaques terroristes qui étaient concentrées dans le Sahel, le nord et l’est du pays aux frontières du Mali et du Niger, vont progressivement atteindre les autres régions du Burkina Faso.
En août 2020, un rapport publié par le Conseil économique et social (CES) du Burkina Faso a faisait ressortir que plus de 1600 personnes, dont des civils et des militaires ont été tuées dans des attaques terroristes dans le pays au cours des cinq dernières années.
Le Président du Conseil Constitutionnel Kassoum Kambou a rappelé que face aux incertitudes créées par le terrorisme dans les zones touchées, "le peuple burkinabè attend que vous œuvriez à renforcer l’unité nationale mise à rude épreuve par les forces du Mal".
"Car c’est dans l’union sacrée que les Burkinabè continueront de défendre vaillamment et victorieusement la patrie à nous léguée par nos ancêtres et que nous devrons laisser plus forte et plus unie aux générations futures. C’est à ce prix que la construction de la démocratie et de l’Etat de droit au Burkina Faso ainsi que le développement économique et social se poursuivront sereinement", a-t-il souligné.
En plus de la situation sécuritaire fragile, le premier mandat de Kaboré a été éprouvé par une fronde sociale, des travailleurs de plusieurs secteurs ont manifesté pour exiger de meilleures conditions de vie et de travail.
Au total, 5 918 844 électeurs étaient appelés aux urnes au Burkina Faso et dans 22 pays de l’étranger, mais seulement 2 972 590 ont effectivement pris part au scrutin. Le taux de participation était de 50, 22%.
Ce scrutin s’est déroulé dans un contexte d’insécurité marqué par des attaques terroristes dans plusieurs régions du Burkina Faso, entrainant la fermeture de plus de 2.000 bureaux de vote sur 21.000 au départ.