Mourad Belhaj
22 Juillet 2020•Mise à jour: 22 Juillet 2020
AA / Tripoli / Zehra Nur Duz
Le ministre de l'Intérieur libyen a qualifié, mardi, la décision du parlement égyptien d'autoriser le président Abdelfattah al-Sissi à intervenir militairement en Libye de "déclaration de guerre".
"En approuvant le déploiement de troupes en dehors de ses frontières occidentales, le Parlement égyptien déclare la guerre à la Libye et viole les chartes de la Ligue arabe et de l'ONU ", a déclaré mardi, Fathi Bachagha, dans un tweet qu'il a ensuite retiré.
"Les forces étrangères (qui seront) déployées sur le territoire libyen sont des forces ennemies. Nous n'hésiterons pas à défendre la souveraineté, la sécurité et la liberté de notre nation", a déclaré Bachagha dans le même tweet.
Le Parlement égyptien a approuvé, lundi, une motion autorisant une intervention militaire dans la Libye voisine, un mois après que le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, ait menacé d'intervenir militairement dans les régions de Syrte et d'Al-Jofra.
Lors d'un vote secret présidé par le président du Parlement Ali Abdel Aal, le parlement a autorisé al-Sissi à "prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la sécurité nationale du pays", a rapporté le quotidien égyptien Al Gomhouria.
Cette décision intervient une semaine après que le parlement libyen de Tobrouk, inféodé au seigneur de guerre Khalifa Haftar, ait donné le feu vert à l'Egypte pour intervenir militairement en Libye sous prétexte de "protéger la sécurité nationale" des deux pays.
La Libye est déchirée par la guerre civile depuis l'éviction de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.
Le nouveau gouvernement du pays a été installé en 2015 dans le cadre d'un accord conclu sous l'égide des Nations unies, mais les efforts déployés pour parvenir à un règlement politique à long terme ont échoué, en raison d'une offensive militaire des forces du seigneur de guerre Khalifa Haftar, soutenues par l'Égypte et les Émirats arabes unis.
L'ONU reconnaît le gouvernement libyen, dirigé par Fayez al-Sarraj, comme la seule autorité légitime du pays.
Le gouvernement a lancé, en mars dernier, l'opération Tempête de paix pour faire face aux attaques contre la capitale Tripoli, ce qui a permis de libérer des sites stratégiques, dont la base aérienne d'Al-Wattia et la ville de Tarhouna.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj