Mourad Belhaj
22 Juillet 2020•Mise à jour: 22 Juillet 2020
AA / Berlin
L'Allemagne a critiqué, mardi, l'Egypte pour ses plans d'intervention militaire sur le territoire libyen.
Lors d'une conférence de presse commune, tenue à Athènes, avec son homologue grec Nikos Dendias, le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a fait part de l'inquiétude de Berlin à ce propos.
"Les décisions de déploiement de forces militaires ne peuvent être favorablement accueillies, car elles présentent toujours un risque d'escalade", a déclaré Heiko Maas. Et d’ajouter que le gouvernement allemand tente pour sa part de réduire les tensions en Libye, en menant des discussions avec les parties libyennes et les acteurs régionaux.
Le ministre allemand a rappelé que les parties au conflit ont pour but de contrôler les provinces de Syrte et d'Al-Jofra, et a plaidé pour la création de "zones démilitarisées" autour de ces provinces afin d'éviter une nouvelle escalade du conflit.
Maas a également appelé les parties libyennes à reprendre les pourparlers à 5+5 pour un cessez-le-feu durable, qui puisse ouvrir la voie à un règlement politique.
Le Parlement égyptien a approuvé, lundi, une motion autorisant une intervention militaire dans la Libye voisine, un mois après que le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, ait menacé d'intervenir militairement dans les régions de Syrte et d'Al-Jofra.
La Libye est déchirée par la guerre civile depuis l'éviction de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.
Le nouveau gouvernement du pays a été installé en 2015 dans le cadre d'un accord conclu sous l'égide des Nations unies, mais les efforts déployés pour parvenir à un règlement politique à long terme ont échoué, en raison d'une offensive militaire des forces du seigneur de guerre Khalifa Haftar, soutenues par l'Égypte et les Émirats arabes unis.
L'ONU reconnaît le gouvernement libyen, dirigé par Fayez al-Sarraj, comme la seule autorité légitime du pays.
Le gouvernement a lancé, en mars dernier, l'opération "Tempête de paix" pour faire face aux attaques contre la capitale Tripoli, ce qui a permis de libérer des sites stratégiques, dont la base aérienne d'Al-Wattia et la ville de Tarhouna.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj